Les épisodes de canicule se succèdent, nos cours d’eau sont à sec, et pourtant, la gestion de notre bien commun le plus précieux reste le grand angle mort des débats politiques. L’eau n’est pas une simple question environnementale, c’est un enjeu vital de souveraineté nationale qui craque aujourd’hui à tous les niveaux ;
• Infrastructures en péril : les travaux sur les réseaux d’eau potable vétustes peinent à être engagés faute de moyens par les collectivités. Résultat : des milliards de litres s’évaporent dans la nature et les fuites sur les réseaux coûtent cher aux contribuables.
• Modèle agricole : l’agriculture consomme beaucoup d’eau en période de crise et contribue à la polluer durablement avec des nitrates ou pesticides.
• Le scandale sanitaire des PFAS : nos nappes phréatiques et nos rivières subissent une contamination invisible mais irréversible par les PFAS d’origine industrielle. Face à cela, la filtration des PFAS exige des technologies de pointe et les dispositifs sont hors de prix. Les collectivités n’ont pas les budgets pour les financer.
• Urbanisme : nos villes continuent de s’étaler et de bétonner. L’aménagement urbain peine à végétaliser les sols ou à permettre l’infiltration de l’eau de pluie : ce sont, là encore, des surcoûts pour les collectivités.
• Menace sur notre électricité : c’est la réalité physique que l’on feint de découvrir à chaque été : sans eau, on ne peut pas refroidir nos centrales nucléaires ! Le tarissement de nos fleuves menace directement notre indépendance énergétique.
Cette problématique systémique doit impérativement être intégrée au cœur de la campagne. Nous ne pourrons pas rebâtir une France souveraine et résiliente sans une véritable planification nationale de l’eau, un soutien financier massif aux communes et intercommunalités pour réparer leurs réseaux, et un arbitrage courageux des usages. Il y a urgence.