Groupes de niveau : solution miracle ?
Certainement pas, loin s’en faut, cela peut être au contraire sous-productif. C’est mon expérience professionnelle de terrain qui s’exprime dans cette analyse, en ayant mis en application cette organisation pédagogique au sein d’un des collèges que j’ai dirigés. Cette organisation, pas vraiment justement !
Certes, ces groupes permettent aux enseignants de mieux gérer l’hétérogénéité dans les classes puisque chaque groupe tient compte du niveau, même s’il persiste de l’hétérogénéité au sein de chacun.
Mais pourquoi sous-productif ?
Enfermer des élèves, toute une année scolaire, dans un groupe lié à leur niveau dans une discipline scolaire, c’est pour eux un manque de repères. Ils ne « naviguent » qu’entre « élèves moyens » ou « élèves en difficulté ». Cet enfermement peut créer des « décrocheurs » et donc être à l’origine de problèmes de discipline pour les enseignants.
Je ne parle pas des « bons élèves » car il n’y a pas de soucis à se faire pour eux à condition de les « alimenter » suffisamment et les faire progresser encore et encore. Ils sont très autonomes et s’adaptent quelle que soit l’organisation, à la seule condition de ne pas les laisser s’ennuyer au risque de les voir rejoindre le groupe des « décrocheurs » avec toutes les conséquences que vous savez. Il vaut donc mieux les rassembler et toujours « tirer vers le haut » car il n’est pas interdit à un bon élève de devenir un « très bon élève » !
Et les autres, me direz-vous, les « moyens », les « en difficulté » ? Il faut leur ouvrir des portes, ne pas les enfermer sur eux-mêmes, faire en sorte que les groupes puissent être perméables.
Comment ?