Être enseignant en France aujourd'hui est une gageure...Je ne sais par où commencer tant ce dossier est critique pour l'avenir de notre pays! Je vais donc sectionner les problèmes afin de les séparer.
Problème 1: Aujourd'hui prof des écoles en milieu de carrière, j'ai vu mon métier devenir de plus en plus difficile à exercer: injonctions de plus en plus nombreuses, bureaucratie lourde et décourageante, manque de confiance de la hiérarchie (il n'y a qu'à voir cette plateforme "sortiesco" qui demande de passer 30 minutes à déclarer une simple sortie à la bibliothèque...), attentes inatteignables... On ajoute à cela les effectifs de classes trop importants dans beaucoup de secteurs, rendant l'enseignement très difficile au vu des difficultés rencontrées avec certains élèves (cette année, dans ma classe, 4 élèves notifiés MDPH, 3 en attente, et d'autres en assez grande difficulté, sans pathologie... C'est difficilement gérable).
Les programmes changent trop souvent, et au final, quand on les lit, on se rend souvent compte que des personnes siégeant rue de Grenelle ont juste passé leur temps à changer la terminologie pour justifier des heures de travail.
Je vois mes collègues s'épuiser, venir en traînant les pieds, des jeunes arrivant démissionner, ou être mis en arrêt de travail au bout de quelques semaines. Ce métier que j'aime tant, je ne suis plus sûr de le faire encore longtemps... On assiste à une prolétarisation de ce métier, qui consiste à faire des professeur de simples appliquants d'une politique gouvernementale, sans tenir compte de leur expértise. (Voir les écrits de Frédéric Grimaud à ce sujet)
Cahier de doléances · Éducation
Problème n° 532
3 solutions proposées
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L'enseignement (trop lointain !) que j'ai connu me semble tellement éloigné de ce qui est décrit ici !...
Outre l'aspect financier évoqué, sur lequel je n'ai pas d'avis tranché, il me semble que l'école souffre, d'une part, d'un manque de « parentalité » chez les enfants et, d'autre part, d'un contenu programmatique trop important. Et si nous revenions aux bases à l'école primaire ?
- Pas plus de 25 élèves par classe (j'ai d'anciennes photos de classes des années 1970 où nous étions bien plus nombreux !)
- Apprendre déjà à LIRE, ÉCRIRE et COMPTER (que va faire un enfant dans une bibliothèque s'il ne sait pas lire !?)
- Retour des notes chiffrées et du redoublement (pourquoi envoyer à l'étage supérieur, par l'ascenseur, un enfant qui ne sait pas monter par l'escalier !?)
- Retour de la « leçon de morale » journalière
- Apprentissage des droits et DES DEVOIRS (pas forcément ceux à faire à la maison !)
- Temps d'activités de détente (sports, culture)
- Retour du CEP (seuls les « vieux » comprendront ! lol) qui sanctionnait la fin du primaire et « sanctuarisait » parfois l'entrée en 6e.
Bien sûr, ceci ne peut être réalisé utilement qu'avec le concours des PARENTS, responsables de l'éducation, quand l'enseignant est transmetteur de l'instruction. Quant aux enfants handicapés, ils doivent avoir leur place (dans la mesure du possible) dans l'école de la République... C'est là un gage d'intégration et de respect pour tous !
Ces préceptes d'un autre âge ont fait leurs preuves ! À écrire ces lignes, je garde le souvenir ému de mon instituteur de CM1 et CM2... Ce communiste, fervent défenseur de son école, dont la jovialité n'avait d'égale que la rigueur et l'abnégation de son enseignement. Peut-être que nous avancions moins vite... Mais nous avancions !
Redonner une place de confiance aux professeurs, qui sont, rappelons-le, des cadres A et doivent garder « des fonctions supérieures de conception, d'encadrement, d'expertise et de transmission des savoirs ».
Plafonner les effectifs de classe à 20 en primaire et profiter de la baisse démographique pour alléger les effectifs.
Réduire la part de travail administratif qui a explosé ces dernières années et qui prend trop de place dans le temps qu'un professeur consacre à son travail (bien supérieur à 35 h par semaine).
Redonner au ministère de l'Éducation nationale son nom d'antan, ministère de l'Instruction publique, qui remet l'enseignant à sa place : il instruit avant tout et complète l'éducation qui, rappelons-le, est le rôle des parents...
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