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Cahier de doléances · Institutions

Problème n° 55

Du bien vivre ensemble au « mieux vivre tout seul »

Salariée du privé, dans une société américaine, j’ai été élue de 2020 à 2026, notamment en tant qu’adjointe dans une commune de 3 500 habitants. Ces six années m’ont permis de découvrir le fonctionnement des collectivités, de la commune à l’intercommunalité, mais aussi le quotidien des agents, des enseignants, des familles et des habitants.

Également élue communautaire, j’ai découvert une autre réalité : une communauté de communes devrait porter un projet pour l’ensemble de son territoire. Or, j’ai parfois constaté que les décisions, les services, les moyens ou les implantations semblaient davantage profiter à la commune dont le président est lui-même maire. Où est alors l’intérêt communautaire ?

Mais j’ai aussi constaté, au fil du mandat, une autre évolution : certains élus finissent par défendre davantage leurs objectifs personnels, leur position ou les intérêts de leur commune que le bien-être du plus grand nombre d’habitants. L’intérêt général devient alors secondaire.

C’est cette double dérive qui m’a interrogée : une intercommunalité qui ne semble plus toujours penser à l’échelle de son territoire, et des élus qui peuvent perdre de vue l’intérêt collectif au profit d’intérêts plus personnels.

C’est aussi ce qui m’a conduite à ne pas souhaiter repartir pour le mandat 2026-2032.

Je crois pourtant toujours à l’engagement public. Mais être élu devrait rester une chose simple : penser d’abord à ce qui est utile au plus grand nombre.

Car, à force de défendre chacun son intérêt, sa commune ou sa position, j’ai le sentiment que nous sommes en train de passer du « bien vivre ensemble » au « mieux vivre tout seul ».

Depuis Gironde (33) · 4 octobre

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Solution n° 56Niveau : commune

Une piste de réflexion

Et si une partie de la solution était de redonner davantage de place et de responsabilités aux DGS, aussi bien dans les communes qu’au niveau intercommunal ?

Les élus sont là pour définir les orientations et représenter les habitants. Mais les DGS sont des professionnels de la fonction publique territoriale. Ils connaissent les dossiers, les contraintes, les finances, les équipes et surtout le fonctionnement global du territoire.

Leur donner davantage de responsabilités pourrait permettre de prendre du recul par rapport aux intérêts personnels ou politiques du moment, et de garder une ligne directrice : l’intérêt général du territoire et le bien-être de ses habitants.

Cela supposerait évidemment de leur donner une réelle autonomie.

Peut-être faudrait-il retrouver un meilleur équilibre entre le politique et l’administratif : aux élus les choix et les orientations, aux professionnels la mise en œuvre, la cohérence et la continuité de l’action publique.

Depuis Gironde (33) · 4 octobre

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