Du bien vivre ensemble au « mieux vivre tout seul »
Salariée du privé, dans une société américaine, j’ai été élue de 2020 à 2026, notamment en tant qu’adjointe dans une commune de 3 500 habitants. Ces six années m’ont permis de découvrir le fonctionnement des collectivités, de la commune à l’intercommunalité, mais aussi le quotidien des agents, des enseignants, des familles et des habitants.
Également élue communautaire, j’ai découvert une autre réalité : une communauté de communes devrait porter un projet pour l’ensemble de son territoire. Or, j’ai parfois constaté que les décisions, les services, les moyens ou les implantations semblaient davantage profiter à la commune dont le président est lui-même maire. Où est alors l’intérêt communautaire ?
Mais j’ai aussi constaté, au fil du mandat, une autre évolution : certains élus finissent par défendre davantage leurs objectifs personnels, leur position ou les intérêts de leur commune que le bien-être du plus grand nombre d’habitants. L’intérêt général devient alors secondaire.
C’est cette double dérive qui m’a interrogée : une intercommunalité qui ne semble plus toujours penser à l’échelle de son territoire, et des élus qui peuvent perdre de vue l’intérêt collectif au profit d’intérêts plus personnels.
C’est aussi ce qui m’a conduite à ne pas souhaiter repartir pour le mandat 2026-2032.
Je crois pourtant toujours à l’engagement public. Mais être élu devrait rester une chose simple : penser d’abord à ce qui est utile au plus grand nombre.
Car, à force de défendre chacun son intérêt, sa commune ou sa position, j’ai le sentiment que nous sommes en train de passer du « bien vivre ensemble » au « mieux vivre tout seul ».