L'arrivée simultanée de Parcoursup et du « bac Blanquer » a créé un mélange explosif, catastrophique à la fois pour les élèves et pour les enseignants du supérieur.
Ces derniers doivent en effet classer des dizaines de milliers de candidatures, pour seulement quelques dizaines ou centaines de places. Un candidat excellent sera ainsi « sélectionné » 10 fois dans 10 établissements différents ; à l'échelle d'un million de candidats, cela devient ingérable.
L'évaluation ne peut, en outre, se faire sur des critères simples et transparents, étant donné la multiplicité des profils. Comment comparer une spécialité maths/SVT et une spécialité physique/philo pour une licence de géologie, par exemple ? Les lycéens se plaignent à raison de l'opacité du processus, mais elle est inévitable dans ce contexte.
De plus, cette variabilité des options suivies par les lycéens crée des promotions très hétérogènes en licence, ce qui complexifie énormément les enseignements. Tout cela est parfaitement absurde et inefficient.
Du côté des élèves, construire son propre parcours est très rarement un facteur d'émancipation et d'épanouissement, mais bien plus souvent une source de stress. Le problème, selon moi, n'est pas tant la sélection que l'incertitude qu'elle génère. Se mettre dans une filière (S, ES, L) dès la classe de première préorientait les élèves, mais n'entretenait pas durant deux ans des espoirs finalement déçus, générateurs de frustrations et d'angoisses.