Les sociétés européennes ont totalement perdu le sens de la peine (c’est-à-dire de la punition). À gauche en particulier, on croit dur comme fer qu’il suffit de reconnaître la culpabilité d’un individu pour que justice soit rendue à sa victime et à la société tout entière. On croit qu’au sortir du procès, c’est le processus de réinsertion qui commence. C’est faux. L’autorité judiciaire n’a de légitimité et de chance de garantir la paix sociale que si elle permet d’assouvir le besoin de justice. Et ce besoin de justice ne s’arrête pas à la reconnaissance de la culpabilité : il s’arrête avec l’expiation complète de la faute morale. La peine est là pour dire que l’individu coupable d’un délit grave ou d’un crime n’a pas le droit, au sortir du procès, ou quelques mois ou années plus tard, de reprendre une vie normale. Certains criminels ne devraient même jamais avoir le droit de reprendre une vie normale : c’est la rançon de l’abolition (juste au demeurant) de la peine de mort.
Cahier de doléances · Justice
Problème n° 5567
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