La dégradation des écosystèmes, le dérèglement climatique, l’érosion de la biodiversité et les tensions sur les ressources fragilisent progressivement les conditions de vie et le fonctionnement de notre société.
La réduction des émissions et la préservation de la nature demeurent indispensables. Mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à répondre aux conséquences des transformations déjà engagées. Sécheresses, incendies, inondations, tensions sur l’eau et perturbations des approvisionnements peuvent affecter durablement nos territoires, notre agriculture, nos infrastructures et notre économie.
Notre modèle reste fortement dépendant de systèmes interdépendants, énergie, eau, alimentation, transports et logistique, dont les vulnérabilités peuvent se renforcer mutuellement.
Le pays doit donc poursuivre la lutte contre les causes de la dégradation écologique tout en préparant la société à ses conséquences. Sans cette double approche, nous risquons de subir les crises successives sans réduire suffisamment notre vulnérabilité ni transformer les modes de fonctionnement qui l’entretiennent.
Cahier de doléances · Environnement
Problème n° 5641
1 solution proposée
Faire de la résilience écologique et sociétale un axe structurant de la politique environnementale française.
Cette ambition pourrait s’appuyer sur quatre priorités :
- Poursuivre la prévention : réduire les pressions sur les écosystèmes, les émissions de gaz à effet de serre, la consommation de ressources et les pollutions, tout en préservant la biodiversité et les capacités de régénération du vivant.
- Anticiper les vulnérabilités : établir un diagnostic des dépendances et des risques écologiques susceptibles d’affecter les territoires, les ressources essentielles, les infrastructures et les activités économiques, afin de hiérarchiser les priorités d’action.
- Renforcer les capacités d’adaptation : protéger les ressources en eau, restaurer les sols et les écosystèmes, faire évoluer les pratiques agricoles, adapter les infrastructures et développer des solutions territoriales capables de fonctionner dans des conditions dégradées.
- Organiser la résilience collective : préparer les collectivités, les services publics, les entreprises et les citoyens aux perturbations majeures, développer les compétences utiles et renforcer les coopérations locales pour maintenir les fonctions essentielles en période de crise.
Cette politique devrait s’inscrire dans une stratégie nationale de long terme, déclinée dans les territoires, assortie d’objectifs mesurables et régulièrement évaluée. Elle devrait associer l’État, les collectivités, les acteurs économiques et la société civile, sans faire peser sur les seuls individus la responsabilité de s’adapter à des vulnérabilités collectives.
L’objectif n’est pas de renoncer à prévenir les dégradations écologiques, ni de considérer leurs conséquences comme inévitables. Il est de poursuivre la prévention tout en développant les capacités nécessaires pour faire face aux changements qui ne pourront être évités.
Préserver le vivant, réduire nos vulnérabilités et transformer nos modes de fonctionnement : la résilience écologique doit permettre à la France de ne pas seulement subir le monde qui change, mais de conserver la capacité d’agir sur son avenir.
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