La mesure phare d’E. Macron et de ses ministres successifs (J.-M. Blanquer notamment, mais aussi E. Geffray, DGESCO pendant 5 ans, numéro 2 du ministère) est le dédoublement des GS, CP, CE1. Le coût de cette mesure est très élevé : 800 millions par an. Que d’argent dépensé pour rien, parce que les résultats sont quasiment inexistants : les évaluations nationales en témoignent (cf. les rapports de la DEP) ! Et pourtant, ce dédoublement est toujours mis en avant par les macronistes de tous bords. Si nos élèves sont faibles aux évaluations PISA et TIMSS, une des causes est bien les difficultés que rencontre l’école avec un certain nombre d’élèves, dans le 1er degré notamment, en REP+ et en REP, mais aussi, pour d’autres, en zone ordinaire. Ils y sont certes moins nombreux, mais leur nombre est significatif. Si ce dédoublement est intéressant, pourquoi cela ne marche-t-il pas ? La réponse se situe au niveau des démarches pédagogiques et didactiques, par conséquent des compétences des enseignants. Dédoubler ne sert à rien sans modification importante des démarches et dispositifs que la réduction du nombre d’élèves permet.
Par ailleurs, l’opposition syndicale aux documents d’accompagnement des programmes estampillés Blanquer, donc repoussoirs pour ces organisations professionnelles, n’en a pas facilité l’usage, ce qui est fort regrettable. J’ai vu (lorsque j’étais IEN) et je vois encore (dans les cahiers de mes petits-enfants) de graves erreurs dans les deux domaines essentiels de l’apprentissage de la lecture et des mathématiques. La majorité des enseignants est dépourvue de solutions face aux difficultés des élèves et pourtant, celles-ci sont nombreuses et accessibles.
L’autre maillon faible est le collège. Celui-ci a été conçu sur la base d’un petit lycée. Cela se révèle être aujourd’hui une grave erreur. Il faut le réformer d’urgence.