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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 567

La mesure phare d’E. Macron et de ses ministres successifs (J.-M. Blanquer notamment, mais aussi E. Geffray, DGESCO pendant 5 ans, numéro 2 du ministère) est le dédoublement des GS, CP, CE1. Le coût de cette mesure est très élevé : 800 millions par an. Que d’argent dépensé pour rien, parce que les résultats sont quasiment inexistants : les évaluations nationales en témoignent (cf. les rapports de la DEP) ! Et pourtant, ce dédoublement est toujours mis en avant par les macronistes de tous bords. Si nos élèves sont faibles aux évaluations PISA et TIMSS, une des causes est bien les difficultés que rencontre l’école avec un certain nombre d’élèves, dans le 1er degré notamment, en REP+ et en REP, mais aussi, pour d’autres, en zone ordinaire. Ils y sont certes moins nombreux, mais leur nombre est significatif. Si ce dédoublement est intéressant, pourquoi cela ne marche-t-il pas ? La réponse se situe au niveau des démarches pédagogiques et didactiques, par conséquent des compétences des enseignants. Dédoubler ne sert à rien sans modification importante des démarches et dispositifs que la réduction du nombre d’élèves permet.

Par ailleurs, l’opposition syndicale aux documents d’accompagnement des programmes estampillés Blanquer, donc repoussoirs pour ces organisations professionnelles, n’en a pas facilité l’usage, ce qui est fort regrettable. J’ai vu (lorsque j’étais IEN) et je vois encore (dans les cahiers de mes petits-enfants) de graves erreurs dans les deux domaines essentiels de l’apprentissage de la lecture et des mathématiques. La majorité des enseignants est dépourvue de solutions face aux difficultés des élèves et pourtant, celles-ci sont nombreuses et accessibles.

L’autre maillon faible est le collège. Celui-ci a été conçu sur la base d’un petit lycée. Cela se révèle être aujourd’hui une grave erreur. Il faut le réformer d’urgence.

Depuis Bouches-du-Rhône (13) · 4 octobre

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Solution n° 568Niveau : État

Alors, comment faire ? Il ne s'agit pas de jeter la pierre aux enseignants a priori, mais de les accompagner de façon plus étroite et efficace. Mieux les rémunérer aussi, et fortement, pour pouvoir être exigeant en retour.

Il faut maintenir le dédoublement en GS, CP et CE1, mais de façon radicalement différente.

1) Limiter non pas à 12, 13 ou 14 comme actuellement, mais à 18 maxi par classe.
2) Cela dégage des marges de manœuvre pour créer des postes de formateurs/conseillers pédagogiques chargés, d'une part, du suivi des classes 3 jours par semaine et, d'autre part, d'un jour consacré à la formation initiale (cf. plus loin).
3) Subordonner l'affectation de ces classes à des maîtresses qui acceptent une formation régulière dans et hors de la classe et un bilan annuel avec l'inspecteur de circonscription (attention, forte opposition syndicale sur ce point : il faudra être persuasif ; la question du salaire est essentielle à cet égard).
4) Réorganiser la formation initiale sur 2 ans avec des stages réguliers en responsabilité de classe pendant 3 semaines (4 fois dans l'année, ce qui couvre les 8 niveaux de l'école primaire sur 2 ans). Cela a le double avantage de mieux former les étudiants et de dégager les titulaires de leur service pour suivre des stages de formation.
5) Associer davantage de formateurs de terrain pendant les deux années de M1/M2, sanctionnées par une évaluation disciplinaire et pédagogique par l'université et un inspecteur. À ce sujet, recentrer essentiellement la mission des IEN sur le terrain pédagogique et didactique. Poursuivre la formation initiale pendant 3 ans par les formateurs sus-cités avant une première inspection.
6) Revenir à un rythme d'inspection tous les 3 ans pendant toute la durée de la carrière. Associer formation continue et inspection. Créer des postes d'inspecteurs pour ce faire.
7) Concentrer les aides RASED, lorsqu'elles subsistent, sur les CE2, CM1, CM2.

Pour le collège : organiser les 6e et 5e comme une école primaire supérieure avec une bivalence des enseignants. Pour créer une véritable liaison école/collège, ouvrir les postes de 6e/5e à des enseignants du 1er degré expérimentés et validés par l'IEN, qui les suivra aussi au collège. Mettre en place des formations communes PE/PC. Pendant ces deux années, mettre en place un soutien personnalisé hors de la classe ordinaire pour tous ceux qui en ont besoin.

Concevoir les niveaux de 4e/3e comme une préparation au lycée selon les besoins des élèves et leurs souhaits, avec une valence enseignement général, technologique ou professionnel et la possibilité permanente de passerelles entre les valences choisies.

Bien d'autres mesures sont à prendre, par exemple pour répondre à la question de l'école inclusive et du handicap. On pourra en discuter plus longuement si Mme Polony est intéressée.

Depuis Bouches-du-Rhône (13) · 4 octobre

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