Services publics et santé : la formation d’un médecin généraliste coûte entre 150 k€ et 200 k€, un chirurgien 240 k€, un professeur PUPH entre 250 et 315 k€.
Pendant 25 ans j’ai travaillé dans de nombreux services (environ 300), les praticiens qui voulaient travailler étaient dégoûtés par la pression administrative et économique, les conditions de travail. Un certain nombre de mes relations est parti exercer dans le privé ou à l’étranger (4 chirurgiens, 5 PUPH), quel gâchis ! Ne pouvons-nous pas conserver nos médecins et infirmiers avant d’aller en recruter ailleurs ?
Le nombre de démissions : le Centre national de gestion enregistre environ 320 démissions fermes par an chez les médecins hospitaliers. Bien que ce chiffre semble faible par rapport aux effectifs globaux (autour de 18 % de l’ensemble des sorties définitives, le reste étant lié aux départs à la retraite), les profils qui démissionnent sont jeunes (âge moyen de 44 ans).
L’explosion de la disponibilité (la « vraie » fuite) : c’est le principal indicateur du mal-être hospitalier. Au lieu de démissionner définitivement, les médecins demandent à se mettre en disponibilité pour aller exercer temporairement en clinique privée ou en cabinet libéral. On compte plus de 5 600 praticiens hospitaliers en disponibilité, un chiffre qui a bondi de +138 % sur la dernière décennie.
Conséquences : cette désaffection nourrit une pénurie de candidatures. Lors des vagues de recrutement, sur environ 10 000 postes de PH ouverts par les hôpitaux publics, à peine 3 000 font l’objet d’une candidature. Le taux de postes vacants dans certaines spécialités (comme les urgences ou l’anesthésie-réanimation) dépasse régulièrement les 30 %
- Recours à l’intérim médical = dépenses directes 150 millions, coûts cachés entre 550 et 660 millions d’euros.
- Environ 30 000 recours à des médecins formés à l’étranger (11 à 12 % sur le territoire).