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Cahier de doléances · Retraites

Problème n° 615

Les deux classes d’âge qui peinent le plus à trouver un emploi actuellement sont les jeunes et les seniors : travailler plus pour maintenir le système redistributif qui est le nôtre ne me gène pas, si je le peux, mais l’angoisse vient à l’idée de devoir me heurter en fin de carrière à des difficultés importantes pour rester active. Il faudrait d’abord favoriser l’insertion des seniors sur le marché de l’emploi avant de parler de les contraindre à travailler plus longtemps.

Depuis Paris (75) · 4 octobre

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Solution n° 1199Préférée des inscritsNiveau : État

Nous devrions imaginer une suite au travail plutôt qu’une rupture avec la vie active

Nous posons trop souvent la question de l’activité des seniors comme s’il n’existait que deux situations possibles : continuer à travailler ou prendre sa retraite. Pourtant, quitter progressivement la vie professionnelle ne signifie pas cesser d’être utile à la société.

Le travail rémunéré est une forme essentielle de contribution, mais il n’est pas la seule. Avec l’âge, certains souhaiteront continuer à exercer leur métier, parfois différemment ou à un rythme moindre. D’autres pourront transmettre ce qu’ils ont appris, accompagner un jeune, conseiller un entrepreneur, soutenir une association, aider une personne isolée, parrainer un nouvel arrivant ou mettre leur expérience au service d’une mission d’intérêt général.

Je crois donc que la véritable question ne devrait pas seulement être : comment maintenir davantage de seniors dans l’emploi ? Elle devrait aussi être : comment permettre à chacun de continuer à contribuer lorsque sa vie professionnelle évolue ou s’achève ?

Nous pourrions ainsi imaginer une continuité plutôt qu’une rupture. Après le temps du travail pourrait venir, pour ceux qui le souhaitent et qui en ont la capacité, un temps davantage consacré à la transmission, à l’accompagnement et à l’engagement citoyen. Une société peut former un professionnel ; elle ne peut pas fabriquer quarante années d’expérience. Cette expérience constitue un patrimoine que nous aurions tort de perdre au moment où celui qui la possède quitte son emploi.

C’est dans cette logique que je propose de créer un capital temps citoyen.

Chaque citoyen pourrait disposer d’un compte personnel de contribution citoyenne retraçant les missions d’intérêt général qu’il accomplit et le temps qu’il y consacre. Transmettre un métier, accompagner un élève, conseiller un jeune entrepreneur, participer à une réserve citoyenne, soutenir une association, visiter une personne isolée, accompagner un proche dépendant ou devenir Parrain de la République pourraient notamment y être reconnus.

Il ne s’agirait ni d’un salaire, ni d’une nouvelle monnaie, ni de transformer la retraite en travail obligatoire. L’objectif serait de reconnaître une richesse qui existe déjà, mais que nous savons mal mesurer : le temps que les citoyens consacrent aux autres.

Cette possibilité ne concernerait d’ailleurs pas seulement les retraités. Un étudiant, un parent au foyer, un demandeur d’emploi, une personne en reconversion ou travaillant à temps partiel pourrait lui aussi contribuer. À l’inverse, un retraité malade, handicapé ou déjà très engagé auprès de ses proches pourrait ne rien avoir de plus à donner. Le véritable critère ne serait donc ni l’âge ni le statut professionnel, mais ce que chacun est réellement en mesure d’apporter.

Je pense également que cette contribution pourrait ouvrir certains droits. Une partie du temps consacré à des missions reconnues pourrait, dans des limites définies, donner droit à des points spécifiques de retraite financés par la solidarité nationale. Une personne ayant connu une interruption de carrière, une période de chômage ou un parcours incomplet pourrait ainsi continuer à acquérir certains droits en consacrant du temps à la communauté.

Il faudrait naturellement reconnaître aussi les contributions qui existent déjà dans la vie familiale. Élever ses enfants, accompagner un parent vieillissant, prendre soin d’un conjoint malade ou d’un proche handicapé sont déjà des manières de contribuer. Il serait absurde de demander à quelqu’un qui donne beaucoup aux siens d’aller démontrer ailleurs son utilité sociale.

Mais la réciproque mérite également d’être posée : on peut être sans emploi ; je ne crois pas que nous devrions considérer comme normal d’être durablement sans aucune contribution lorsque nous sommes réellement capables d’en apporter une.

La République pourrait alors aider chacun à trouver une mission adaptée à son âge, à sa santé, à ses compétences, à sa situation familiale et au temps dont il dispose. La forme de cette contribution devrait rester autant que possible librement choisie. Lorsqu’une personne est réellement incapable de contribuer, aucun droit fondamental ne devrait naturellement être remis en cause.

Je ne propose donc pas d’opposer le travail à la retraite. Je propose d’imaginer plusieurs manières successives de participer à la société au cours d’une vie.

La véritable alternative n’est peut-être pas entre travailler et ne plus travailler, mais entre différentes manières de continuer à contribuer.

Le travail produit de la richesse. La transmission, l’accompagnement et l’engagement en produisent une autre. Une société vieillissante aurait peut-être intérêt à cesser de considérer la fin de l’emploi comme la fin de l’utilité sociale.

Depuis Paris (75) · 5 octobre
Solution n° 746Niveau : État

Afin d'éviter aux seniors des difficultés en fin de carrière et de travailler plus longtemps, plusieurs pistes sont envisageables :

1/ Augmenter le nombre d'heures travaillées par semaine : 1 heure équivaut approximativement à une année. Ce qui augmenterait aussi le pouvoir d'achat.
Ce qui veut dire revenir sur les 35 heures.

2/ Permettre aux travailleurs qui le souhaitent de travailler plus longtemps ou d'effectuer plus d'heures.

3/ Que toutes les entreprises ouvrent leurs bénéfices à la participation afin de capitaliser pour la retraite.

Depuis Gard (30) · 4 octobre
Solution n° 1090Niveau : État

Cessons de presser ceux qui cotisent déjà : élargissons l'assiette du travail

Le débat sur les retraites s'enferme toujours dans le même réflexe comptable : demander à ceux qui travaillent déjà de trimer plus longtemps. C'est une double impasse : d'une part, le taux d'emploi des 60-64 ans s'effondre en dessous de 40 % (créant un simple basculement vers le chômage ou la maladie) ; d'autre part, cela contourne la véritable anomalie française. 
En 1960, nous avions 4 cotisants pour 1 retraité ; nous sommes aujourd'hui à moins de 1,7, avec des retraités qui représentent plus de 25 % de la population et passent 25 ans à la retraite.
La solution juste ne consiste pas à épuiser ceux qui ont commencé tôt, mais à augmenter le volume global d'heures travaillées à l'échelle de la nation. La France affiche un taux d'emploi global de 68 % (15-64 ans), contre 77 % en Allemagne et plus de 80 % aux Pays-Bas.
Si nous ramenions vers l'activité les publics qui en sont durablement éloignés (notamment les allocataires du RSA en capacité de travailler, via une exigence d'activité d'intérêt général et la suppression des trappes à inactivité) pour atteindre la moyenne européenne :
Ce seraient 2,5 à 3 millions de cotisants supplémentaires dans le système productif.
Cela dégagerait 25 à 30 milliards d'euros de recettes nouvelles chaque année, sans recul brutal de l'âge légal ni hausse d'impôts.
Pour garantir un accès à la retraite, il ne faut pas forcer les actifs usés à s'accrocher à leur poste coûte que coûte : il faut remettre au travail les bras disponibles pour partager l'effort national.

Depuis 974 · 5 octobre

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