Je suis climatologue, surtout actif dans le développement mais, concernant la recherche, je me suis concentré sur la confection de projections climatiques de nature statistique et, en amont, sur la nécessité de redéfinir le concept même de climat.
Trop technique pour ce que vous tentez d’organiser dans la démarche « Natacha Polony 2027 » ? En fait non, car la conséquence très concrète de la non-évolution du concept de climat (à base de moyenne trentenaire, renouvelée tous les 10 ans), c’est que ça estompe fortement la vision qu’on peut avoir du changement climatique tel qu’il est réellement en train de se produire.
Or, ce changement climatique réel va bien plus vite que ne le laissent envisager les modèles physiques du climat (ceux utilisés dans les rapports du GIEC entre autres). Et, hélas, les diverses politiques publiques qui commencent « doucettement » à se mettre en place se calent sur le changement climatique simulé et pas observé. Est-ce que c’est grave ? En fait oui, car une des divergences les plus importantes se produit sur les températures diurnes du printemps, paramètre crucial pour le redémarrage de la végétation donc pour la production agricole et, in fine, notre nourriture. En chiffres ronds l’évolution observée sur ce paramètre (depuis environ 50 ans) est 3 à 4 fois plus rapide que les diverses évolutions simulées.
« Pas grave, ça va dans le même sens ! » : je dois objecter que c’est faux, à cause d’une histoire de période de référence des modèles physiques du climat, centrée sur 2005 actuellement. En fait, si on utilise les projections classiques pour les premières décennies (pour des politiques d’adaptation), on ne regarde pas vraiment le futur mais déjà le passé du climat. Et donc on s’oriente vers de la contre-adaptation, qui engendre souvent une contre-atténuation, bref on accélère (de bonne foi ?) le changement climatique alors qu’on n’en a vraiment pas besoin.
Je suis à votre disposition pour toute question ou remarque.