À l’école, le vêtement est devenu un terrain de comparaison quotidien. Les marques, les tendances et le prix des tenues créent une pression sociale sur les élèves et une charge pour les familles, en particulier les plus modestes. Cette pression alimente les moqueries et parfois le harcèlement.
L’État consacre pourtant déjà des sommes importantes à la rentrée : l’allocation de rentrée scolaire, versée à plus de cinq millions d’enfants, couvre explicitement les vêtements (de 423 à 462 € par enfant en 2025), sans que ces dépenses soient orientées ni maîtrisées.
En 2024 et 2025, une centaine d’écoles volontaires et une vingtaine de collèges et lycées ont expérimenté une tenue commune. Le rapport d’évaluation publié par le ministère en mai 2026 apporte des enseignements utiles, mais il montre aussi les limites d’une expérience gérée au cas par cas : coût moyen de 180 € par élève avec un réassort parfois à la charge des familles, logistique retombée sur les équipes éducatives, marchés négociés collectivité par collectivité avec des résultats très inégaux, adhésion des familles passée de 59 % à 45 % en un an, et rejet marqué des élèves, notamment au collège. Le rapport confirme aussi qu’une tenue n’a pas d’effet mesurable sur les résultats scolaires, ce qui n’a jamais été son objet. Il note enfin que les élèves associés au choix de la tenue l’acceptent mieux que les autres.
Les territoires d’outre-mer (Antilles, Guyane, Polynésie, Nouvelle-Calédonie) pratiquent déjà une tenue commune depuis des années, sans difficulté particulière.