Il faudrait redéfinir le rôle de chacun des acteurs, afin que chacun puisse se concentrer sur ce qui relève réellement de sa responsabilité.
Malgré son nom, l'Éducation nationale n'a pas vocation à éduquer nos enfants : sa fonction première, voire unique, est de les instruire. Rappelons que ce ministère s'appelait « Instruction publique » jusqu'en 1932. Ce changement d'appellation a élargi, au moins symboliquement, le périmètre de l'institution, et il n'est pas étranger à la confusion actuelle entre les missions de l'école et celles de la famille. Instruire, c'est transmettre des savoirs et des méthodes : lire, écrire, compter, raisonner, comprendre le monde. C'est une mission déjà immense, qui demande du temps, de la sérénité et de l'autorité.
L'éducation, elle, incombe aux parents. Il s'agit de transmettre le respect, la politesse, les limites, le sens de l'effort et les valeurs qui structurent un enfant. C'est d'ailleurs ce que prévoit le Code civil, qui confie aux parents l'autorité parentale afin de protéger l'enfant et d'assurer son éducation.
S'il y a un problème d'éducation (comportement, irrespect, manque de limites), il me paraît logique de faire le point avec les parents et, au besoin, de prendre les mesures qui s'imposent. Le problème est ainsi traité à sa source, au lieu d'être renvoyé à l'enseignant, qui n'a ni le temps ni le rôle de se substituer aux parents. Cela permettra aux enseignants de se consacrer pleinement à l'instruction, c'est-à-dire à leur cœur de métier, ce qui profite à l'ensemble de la classe.
Enfin, il faut que les enseignants restent dans leur rôle et ne contredisent pas un parent devant son enfant. Un enfant qui voit l'autorité de ses parents remise en cause par l'école, ou inversement, perd ses repères. Des désaccords peuvent exister, mais ils doivent se régler entre adultes, dans le respect mutuel, et non devant l'enfant. C'est la condition d'une relation de confiance entre l'école et les familles.