J’ai commencé à travailler en 1996 dans les collectivités territoriales, cela fait donc 30 ans que je suis immergée dans la gestion publique locale, que je vis et j’observe la fonction publique, les élus locaux.
J’ai également travaillé 3 ans en cabinet conseil, spécialisé dans le secteur public local. Ce qui m’a permis de découvrir la gestion d’une entreprise, le management privé.
J’ai travaillé dans une petite ville de région parisienne, puis à la ville de X (140 000 habitants) et maintenant dans la ville Y, petite collectivité riche grâce à son casino. En qualité de prestataire, j’ai accompagné 22 collectivités et établissements publics.
La gouvernance des communes et intercos ne fonctionne pas, ou plus. C’est le constat que je fais après toutes ces années. Les collectivités sont des féodalités, les élus bien souvent se déconnectent rapidement de toute humilité. Le fait d’avoir été élu les pousse rapidement à se draper dans une posture de toute-puissance, ils surévaluent la légitimité donnée par le vote. Les listes minoritaires deviennent des opposants. Pourquoi d’ailleurs parler d’opposition et non pas de minorité ? Ces élus de l’opposition ne sont pas invités à de réels temps de réflexion commune, partagée. Les conseils municipaux étaient, à la ville de Tours, des arènes ou plutôt des scènes de spectacle, chaque partie étant en guerre contre l’autre. De débat d’idées, il n’y en a pas. L’expression est frontale. Intellectuellement, le niveau est souvent consternant.
Concernant les relations entre ville et intercommunalités, ce que j’ai observé et pu vivre est tout aussi consternant. Tours est statutairement une métropole, mais en réalité elle reste une addition de communes, s’agitant dans des guerres d’égos (souvent masculins), loin dans des guerres d’idées. L’intercommunalité ne fonctionne pas. Je l’ai également observé dans d’autres territoires lorsque j’étais en cabinet conseil. Mon explication est que les humains sont trop égoïstes