L’inquiétude des Français vis-à-vis de l’incursion du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) dans notre vie est importante et justifiée. Le gouvernement se doit de répondre en priorité à cette inquiétude et au sentiment « il n’y a pas de pilote dans l’avion », ceci de façon visible, coordonnée et crédible. L’IA est bien perçue comme un déstabilisateur, avec « l’imprévisibilité » liée à un corpus de phénomènes – économiques, sociaux, collectifs et individuels, affectifs, etc. – se traduisant entre autres par les incidents récents de cybersécurité dans les infrastructures de l’État (impôts, hôpitaux…), et le manque de choix de produits numériques « non nocifs », comme ceux offerts par les quelques acteurs américains et chinois.
Cahier de doléances · Numérique
Problème n° 7298
1 solution proposée
Nos systèmes numériques sont la colonne vertébrale de l’administration française et de nos entreprises sur notre territoire. Il est impératif d’assurer un pilotage fort des divers plans d’action de l’État. 👉 L’État doit mettre en œuvre une réorganisation (et une communication) au plus haut niveau qui puisse rassurer les Français sur le pilotage du numérique et de l’IA.
En complément de la politique de réindustrialisation (cœur du programme de Natacha Polony) de notre pays dans ce secteur numérique (construction des infrastructures nécessaires (data centers, réseaux télécom…) et des industries d’équipements (téléphone, tablette, puces, batteries, GSM…), à (re)définir en permanence en fonction de l’évolution de la technologie, il faut réorganiser l’État avec un pilotage fort de l’incursion du numérique et de l’IA dans notre société.
(1) Piloter au niveau national (1er ministre) en évitant un « brouillard organisationnel » du numérique dans l’administration : la Cour des comptes, dans un rapport de juin 2025, décrivait le brouillard organisationnel, avec l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) « seule contre tous », et autour un empilement de guichets (niveau national et différents ministères (avec leur CSIRT ou Comcyber du ministère des Armées), l’ARCEP, la CNIL, la CIANum…), aux missions redondantes, surchargée de missions ni priorisées ni financées.
(2) Mettre en place rapidement un plan d’actions correspondant pour atteindre nos objectifs de sécurisation et de souveraineté numérique française et européenne, avec une approche géopolitique. En particulier, nous devons nous doter le plus tôt possible, de plans de bascule vers des offres alternatives aux produits des plateformes et services américains (comme par exemple Microsoft, Palantir…) et chinois utilisés par les services de l’État. Au préalable, cet organisme central de pilotage devra distinguer les différents cas de dépendance stratégiques, ceci sur les couches « matériels-infrastructures » (composants, semi-conducteurs, infrastructures (data-centers, réseaux fibre, réseaux 5G mobiles…) et les couches « applicatives » (logiciels d’entreprises, moyens de paiement, réseaux sociaux et moteurs de recherche, logiciels concernant le renseignement et la sécurité intérieure, ou pilotant les armes…, logiciels concernant la santé, applications grand public et « market-places ») : il est nécessaire de distinguer 3 niveaux de dépendances :
· dépendances mutuellement bénéfiques et ne justifient pas d’effort de relocalisation urgent
· dépendances gérables, mais qui doivent être diversifiées ;
· dépendances critiques parce qu’elles concernent des fonctions essentielles et peuvent être exploitées en période de crise.
(3) Préparer la transition vers l’informatique quantique dans l’administration et l’industrie, plus particulièrement la transition vers la cryptographie post-quantique, en identifiant avant la fin 2027 les briques techniques impliquées (chiffrement, signature…), et déployer de la cryptographie post-quantique pour tous les systèmes d’information traitant d’information diffusion restreinte avant fin 2030
(4) Imposer auprès de tous les ministères et organismes publics concernés les directives de l’organisme central de pilotage du numérique (couvrant les problématiques de formation, législation-réglementation, contrôle, investissement, commande publique, financement), et mesurer la bonne application de ces directives.
REMARQUES :
(1) Le modèle économique des communs peine toujours à trouver un financement pérenne.
Citons l’épisode du rachat de Hugging par Nvidia qui illustre, par contraste, cette fragilité structurelle. Comme le rappelle Le Monde qui cite Clément Delangue : « Nous sommes à un point d’inflexion pour Hugging Face et l’IA open source : avec les moyens et le soutien de Nvidia, nous pourrons développer notre activité et ainsi la faire passer à une échelle supérieure »… Cet épisode nous rappelle les atouts de l’open source qui doit jouer un rôle majeur pour l’autonomie stratégique européenne, en articulant mieux innovation privée, communs numériques et action de l’État, comme le rappelle le rapport du Conseil de l’IA et du numérique du 28 mai 2026.
(2) Il faut imposer un cadre sécuritaire du type de la directive européenne NIS2, qui, depuis près de 2 ans, n’a toujours pas été transposée en droit français (confère article Le Monde du 27/08/26).
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