Chercher un emploi après 50 ans : le paradoxe d’une société qui nous demande de travailler plus longtemps, mais qui hésite à nous recruter.
Tout semble pensé pour favoriser l’emploi des jeunes, et c’est évidemment indispensable. Mais qu’en est-il des plus de 50 ans ?
Préjugés sur les prétentions salariales, doutes sur la capacité d’adaptation, peur de certains managers plus jeunes d’encadrer des collaborateurs plus expérimentés, obsession de l’image jeune et dynamique des entreprises… Les obstacles sont nombreux.
Et lorsque l’on présente un parcours atypique, marqué par l’entrepreneuriat, l’indépendance ou plusieurs reconversions, les préjugés se multiplient. L’autonomie devient une supposée difficulté à accepter la hiérarchie, l’esprit d’initiative une menace pour le management, la diversité des expériences un manque de stabilité. Ce qui devrait constituer une richesse devient paradoxalement un handicap.
Sans oublier cette question implicite : pourquoi cherche-t-on un emploi à plus de 50 ans ? Comme si cela cachait nécessairement un échec ou une incapacité à poursuivre sa carrière.
On nous demande de travailler jusqu’à 64 ans, mais passé 50 ans, retrouver un emploi devient un véritable parcours du combattant.
À cet âge, on peut encore avoir envie d’apprendre, de changer de vie, de transmettre, de se réinventer ou simplement de travailler autrement.
Le véritable problème n’est pas l’âge des candidats, ni leur parcours. C’est l’incapacité d’une partie du monde professionnel à reconnaître la valeur de l’expérience lorsqu’elle ne rentre pas dans les cases.
Et tant que les mentalités n’évolueront pas, allonger la durée des carrières restera une injonction profondément contradictoire.