L’orientation de trop nombreux jeunes vers des formations dont les perspectives d’insertion professionnelle sont limitées – NP sur BFM TV le 21/10/2026
Je souhaite nuancer l’idée selon laquelle « on » orienterait les élèves vers des filières peu « insérantes ». En effet, les équipes éducatives accomplissent un travail considérable d’accompagnement, mais se heurtent à des obstacles institutionnels, territoriaux et familiaux.
Notre système peine à construire une orientation progressive, réellement fondée sur les aptitudes, les acquis, l’engagement des élèves et la connaissance des métiers. Les familles estiment souvent que les choix sont demandés trop tôt. À force de vouloir préserver toutes les possibilités et éviter la frustration, on oublie que choisir, c’est aussi renoncer, et que toute ambition suppose des efforts.
Ainsi, nous constatons qu’un nombre croissant d’élèves s’orientent par défaut sans mesurer l’exigence du travail, de la rigueur et de l’engagement réel pour envisager une poursuite d’études et une insertion professionnelle réussies quel que soit leur choix.
Même lorsque nous parvenons à convaincre d’envisager des séries technologiques ou professionnelles autres que tertiaires, l’éloignement et l’insuffisance des places constituent de nouveaux obstacles.
De plus, l’institution prépare-t-elle suffisamment ses enseignants à accompagner l’insertion professionnelle, à connaître les métiers et les réalités économiques ?
La responsabilité est donc partagée : celle de l’institution, qui doit mieux former, anticiper et organiser l’offre ; celle des familles, qui doivent accepter les réalités de l’orientation et parfois la mobilité ; celle des élèves, qui doivent comprendre que leur réussite dépend aussi de leur engagement.
Les équipes éducatives ne peuvent être tenues seules responsables des conséquences de choix qu’elles ont souvent tenté d’éclairer et de faire évoluer, avec des moyens et des marges de manœuvre limités.