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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 7527

L’orientation de trop nombreux jeunes vers des formations dont les perspectives d’insertion professionnelle sont limitées – NP sur BFM TV le 21/10/2026
Je souhaite nuancer l’idée selon laquelle « on » orienterait les élèves vers des filières peu « insérantes ». En effet, les équipes éducatives accomplissent un travail considérable d’accompagnement, mais se heurtent à des obstacles institutionnels, territoriaux et familiaux.

Notre système peine à construire une orientation progressive, réellement fondée sur les aptitudes, les acquis, l’engagement des élèves et la connaissance des métiers. Les familles estiment souvent que les choix sont demandés trop tôt. À force de vouloir préserver toutes les possibilités et éviter la frustration, on oublie que choisir, c’est aussi renoncer, et que toute ambition suppose des efforts.
Ainsi, nous constatons qu’un nombre croissant d’élèves s’orientent par défaut sans mesurer l’exigence du travail, de la rigueur et de l’engagement réel pour envisager une poursuite d’études et une insertion professionnelle réussies quel que soit leur choix.
Même lorsque nous parvenons à convaincre d’envisager des séries technologiques ou professionnelles autres que tertiaires, l’éloignement et l’insuffisance des places constituent de nouveaux obstacles.
De plus, l’institution prépare-t-elle suffisamment ses enseignants à accompagner l’insertion professionnelle, à connaître les métiers et les réalités économiques ?
La responsabilité est donc partagée : celle de l’institution, qui doit mieux former, anticiper et organiser l’offre ; celle des familles, qui doivent accepter les réalités de l’orientation et parfois la mobilité ; celle des élèves, qui doivent comprendre que leur réussite dépend aussi de leur engagement.
Les équipes éducatives ne peuvent être tenues seules responsables des conséquences de choix qu’elles ont souvent tenté d’éclairer et de faire évoluer, avec des moyens et des marges de manœuvre limités.

Depuis Seine-et-Marne (77) · 23 octobre

1 solution proposée

Solution n° 7528Niveau : État

Plutôt que de multiplier les dispositifs, il faut rendre réellement opérationnels ceux qui existent et clarifier les responsabilités de chacun.
1. Mettre en place une prospective territoriale à cinq et dix ans, associant rectorats, régions, entreprises et observatoires de l’emploi, afin d’adapter la carte des formations aux métiers et compétences de demain – communiquer les informations aux usagers.
2. Contractualiser les partenariats École-entreprises à l’échelle des bassins, avec des engagements concrets d’accueil, de découverte des métiers et d’immersion des élèves et des enseignants – désigner un coordinateur école-entreprise à l’échelle du bassin, plutôt que de laisser chaque établissement démarcher seul les entreprises
3. Organiser dès le collège un véritable parcours d’orientation, comprenant des découvertes professionnelles, des immersions dans les formations et des bilans individualisés associant les familles, les équipes éducatives et les PsyEN – cela doit être prévu dans l’emploi du temps des élèves et non sur les heures disciplinaires du tronc commun
4. Renforcer les moyens et la formation des professionnels de l’orientation, sans transférer aux établissements des responsabilités supplémentaires sans ressources correspondantes.
5. Responsabiliser les élèves et leurs familles, en confrontant suffisamment tôt leurs aspirations aux compétences acquises, aux exigences des formations et aux possibilités réelles d’affectation. Apprendre à choisir, c’est aussi apprendre à accepter l’effort et parfois le renoncement – faire connaître les prévisions d’emplois à N + …
6. Développer des solutions concrètes de mobilité grâce à des capacités d’accueil adaptées, des transports, des internats et des aides aux familles.
7. Évaluer les résultats de cette politique, non au nombre d’actions organisées, mais à la qualité des choix d’orientation, à la réussite dans les parcours, aux réorientations subies et à l’insertion professionnelle – externaliser cette mission, c’est un métier à créer
L’enjeu est de passer d’une orientation essentiellement administrative à une orientation construite, anticipée et partagée.
Les difficultés de l’orientation ne tiennent pas seulement à la qualité des conseils prodigués, mais aussi à la capacité du système, des familles et des élèves à leur donner une traduction concrète.
L’orientation ne peut être pensée uniquement à l’intérieur de l’Éducation nationale. Elle doit s’appuyer sur une vision prospective des besoins économiques des territoires et sur une véritable coopération entre l’École et les entreprises. Ces dernières doivent être des partenaires actifs de l’orientation, et non de simples destinataires des jeunes à l’issue de leur formation.

Depuis Seine-et-Marne (77) · 23 octobre

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