Natacha Polony — Ensemble, bousculons l’entre-soi politique

← Économie

Cahier de doléances · Économie

Problème n° 7664

Pour une « électro-puissance » française : protéger notre intelligence industrielle, former et réindustrialiser nos territoires.

Le constat : une double vulnérabilité (énergétique et technologique) et une prédation silencieuse
Notre pays subit de plein fouet les chocs géopolitiques. Parce que nous dépendons encore à 60 % des énergies fossiles importées, chaque crise se traduit par une facture salée pour les ménages. Pire, cette dépendance s’accompagne d’une crise industrielle historique : la France a perdu 2,5 millions d’emplois industriels depuis les années 1970.

Mais un nouveau danger, plus insidieux, menace notre souveraineté. Nous risquons de remplacer une dépendance aux énergies fossiles par une dépendance aux technologies vertes chinoises (80 % des panneaux solaires, 70 % de l’éolien, une part écrasante des batteries et des métaux critiques). Pire encore, dans ce contexte de fragilité, notre savoir-faire industriel est devenu une cible de prédation : pour la première fois, des usines françaises sont rachetées non pas pour leurs locaux ou leurs parcs machines, mais pour la qualité de leurs données industrielles privées (process, secrets de fabrication, historiques de production, etc.). C’est notre intelligence industrielle qui est menacée de pillage/pillée.

Depuis Haute-Garonne (31) · 24 octobre

1 solution proposée

Solution n° 7665Niveau : État

La solution : faire de notre électricité un bouclier social et industriel
La France a un atout unique : une électricité locale, abondante et décarbonée à 95 %. Le temps est venu de basculer vers un modèle d’« électro-puissance démocratique ». Cela repose sur cinq piliers :

1. Protéger le pouvoir d’achat et la santé des Français : l’électrification des usages (pompes à chaleur, véhicules électriques) est le meilleur amortisseur face aux crises pétrolières. Amplifions des dispositifs comme le leasing social et MaPrimeRénov’ pour équiper en priorité les classes moyennes et les plus précaires. C’est aussi une réponse vitale à la précarité énergétique (4 millions de passoires thermiques) et aux enjeux de santé publique liés aux canicules.

2. Former, transmettre et sécuriser notre intelligence industrielle : rien ne se fera sans les compétences.

Former : réarmons l’Éducation nationale et l’apprentissage pour former massivement aux métiers techniques (électriciens, techniciens de maintenance, soudeurs, spécialistes du nucléaire).

Valoriser et transmettre : ne misons pas uniquement sur la jeunesse. Nous devons valoriser les compétences existantes (ouvriers, ingénieurs, techniciens séniors) et organiser un recouvrement de compétences entre les générations (tutorat, mentorat) pour ne pas perdre ces savoir-faire uniques.

Protéger : face à la prédation étrangère, créons un socle national sécurisé de stockage des données industrielles (via des modèles d’IA/LLM spécifiques et protégés). Ce patrimoine immatériel (les process, les secrets de fabrication) doit être sanctuarisé pour empêcher que nos fleurons ne soient rachetés à bas prix uniquement pour être vidés de leur intelligence.

3. Réindustrialiser et relocaliser, y compris le stockage : produisons en France les équipements de notre indépendance : panneaux solaires, éoliennes, pompes à chaleur, mais aussi et surtout les batteries de stockage stationnaire (indispensables pour flexibiliser le réseau et absorber la production intermittente) et les batteries pour véhicules électriques (la « vallée de la batterie » à Dunkerque ou Douai). Ce sont 354 778 emplois industriels qui pourraient être créés d’ici à 2032.

4. Garantir notre indépendance technologique et minière : face à la mainmise chinoise, l’État doit piloter une véritable stratégie de souveraineté : relocalisation des usines de panneaux solaires (à l’image du projet Holosolis en Moselle), recyclage des métaux critiques, extraction minière responsable en Europe, et mécanismes de préférence européenne dans les marchés publics. Nous ne pouvons pas dépendre de Pékin pour nous chauffer, nous déplacer ou faire tourner nos usines.

5. Refuser les « zigzags » politiques et la double peine sociale : les aides publiques doivent être redistribuées de manière juste pour ne pas pénaliser les ruraux et les plus modestes. Les industriels et les ménages ont besoin de visibilité à long terme : les revirements incessants sur l’éolien, le solaire ou le nucléaire détruisent des filières entières et font fuir les investisseurs.

Ainsi, refuser l’électro-puissance, c’est accepter de rester dépendants des pétro-États, de laisser la Chine dominer l’industrie d’aujourd’hui et de demain et de voir notre savoir-faire pillé. Faire le choix de l’électro-puissance, c’est décider que l’énergie de notre pays servira d’abord à chauffer nos maisons, à faire rouler nos voitures, à faire tourner nos usines et à transmettre notre génie industriel aux générations futures. C’est un choix de souveraineté, de justice sociale et de grandeur industrielle.

Depuis Haute-Garonne (31) · 24 octobre

Proposer une solution à ce problème

Les solutions sont écrites par les inscrits, puis relues avant publication.

Je propose une solution

Partager cette page

Le lien s’ouvre sans compte et affiche son image sur les réseaux.

Je souhaite rejoindre

Rejoindre le mouvement

Je souhaite rejoindre

L’inscription est gratuite, et le don facultatif. Laissez votre adresse : vous recevrez votre invitation par courriel.

Protection de vos données. Les deux champs sont obligatoires. Natacha Polony traite ces informations, ainsi que la source de votre visite, sur la base de votre consentement, uniquement pour vous tenir informé de ses prochaines étapes et mesurer la provenance des participations. Votre inscription est enregistrée dès l’envoi du formulaire. Vous pouvez retirer votre consentement et exercer vos droits à tout moment. En savoir plus sur vos droits et l’utilisation de vos données.

Déjà inscrit ? Connectez-vous.