Je partage ce constat.
Afin que nous vivions davantage « côte à côte » et que nous ne finissions pas « face à face », pour paraphraser l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, il est absolument impératif que nous fassions Nation. Comme l’exprimait si bien Ernest Renan dans sa conférence donnée à la Sorbonne en 1882, une Nation nécessite d’« avoir des gloires communes dans le passé [et] une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore ».
Ces gloires communes, ou encore cet « héritage » dont Renan parle dans cette conférence, doivent à tout prix être transmis par l’école, en particulier à l’école primaire. Force est de constater que nos élèves ne font plus suffisamment d’histoire de France ni de géographie de la France. J’en ai moi-même été le témoin en tant qu’écolier. Il ne semble pas que ceux qui sont arrivés après moi aient davantage bénéficié de cet apprentissage, bien au contraire.
L’école doit se recentrer, à l’école primaire, sur ses fondamentaux : le français, les mathématiques, l’histoire et la géographie de la France.
L’esprit critique est nécessaire, et l’apprentissage d’autres disciplines, telles que les langues étrangères, l’est également. Toutefois, cela ne peut intervenir que dans un second temps. Il est d’abord indispensable que les écoliers acquièrent des bases solides, des murs porteurs : les fondamentaux indispensables à la fois à la constitution d’une Nation et à la formation d’un esprit libre et critique.
Il est donc indispensable de recentrer les enseignements autour du français et des mathématiques, trop souvent délaissés au profit d’autres disciplines, importantes mais secondaires. Il est également indispensable d’enseigner l’histoire et la géographie de la France, aujourd’hui trop peu enseignées. Il faut transmettre les fondamentaux dès l’école primaire, puis approfondir, à mesure que les élèves avancent dans leur scolarité, des points plus précis et plus complexes, tels que les différents régimes et institutions politiques depuis la Révolution française.
Il en va de la cohésion nationale. Pour reprendre les mots d’Ernest Lavisse : « Tu dois aimer la France, parce que la nature l’a faite belle, et parce que son histoire l’a faite grande. »