Si on veut réconcilier notre pays, il faut que le partage du gâteau (du travail) se fasse équitablement entre tous les Français. Or cela ne me semble pas du tout le cas. Si je suis d’origine africaine, réussir à intégrer un poste « valorisé » et « reconnu » (en gros, un travail que tout le monde souhaiterait faire qui apporte une reconnaissance) reste un cas particulier. Il suffit de comparer le pourcentage de Français issus de cette immigration depuis 60 ans et le pourcentage occupant des postes « reconnus » et « valorisés » dans nos entreprises. Il suffit d’ailleurs de regarder nos médias télé. Je pense que les Français de souche, dont je fais partie, ont en grande majorité involontairement privilégié les personnes qui leur ressemblent pour une embauche car ce qui nous ressemble nous rassure. Une partie minoritaire l’a fait par choix volontaire. Au final, les Français d’origine africaine sont restés, sauf exception, devant la porte de nos entreprises, pour finir dans les cités ou dans des banlieues sans perspective pour eux, leurs enfants. Ils constatent pour certains qu’après 60 ans en France, rien ne change pour eux. Au mieux, job que personne ne veut faire, au pire… D’où le sentiment qu’ils sont français sur le papier mais pas aux yeux des autres Français. Et d’où leur révolte contre ceux qui ont du boulot et une vie sympa, du moins plus sympa que la leur.
Cahier de doléances · Économie
Problème n° 8112
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