Réaliser l’idée du discours de Bayeux (1946) en donnant une place décisive aux forces vives dans le fonctionnement des institutions législatives et de gouvernement.
Dès le discours de Bayeux, en 1946, de Gaulle pose l’idée : face aux partis, la République a besoin que les forces économiques et sociales du pays participent à la décision.
Son projet est un Sénat qui réunit représentation des territoires et acteurs du terrain (associations, fédérations, syndicats patronaux et salariés, fonctionnaires, chambres syndicales libérales, représentants des juridictions, acteurs économiques, sociaux, étudiants, parents d’élèves, malades, usagers des transports…). La Constitution de 1958 en fait le Conseil économique et social, troisième assemblée, purement consultative (titre XI). En 1969, de Gaulle remet l’idée sur la table : il soumet par référendum la fusion du Sénat et du CES, perd le 27 avril et démissionne le lendemain. Depuis, plus personne n’a rouvert le sujet.
Le constat.
Les partis ne s’opposent plus, ils se neutralisent, chacun enfermé dans sa cohérence de marque. La nuance devient impossible et l’intérêt général se noie dans des déclarations-fleuves. Les propositions de cette note viennent du terrain ; il manque le canal institutionnel pour qu’elles arrivent jusqu’à la décision.