Un cœur de ville apaisé, piéton et accessible.
Sur le terrain : rendre la rue principale davantage piétonne et attractive tout en maintenant des créneaux de livraison, repenser chaussée, trottoirs, fleurissement, mobilier urbain et animations, prévoir une circulation sécurisée pour vélos et trottinettes, renforcer la desserte en transport public et expérimenter la livraison par vélos-cargos.
Sur le terrain, côté accessibilité : un plan vélo et accessibilité à l’échelle du mandat, avec au moins 20 % d’itinéraires cyclables sécurisés en plus, et des trottoirs, passages et arrêts de bus rendus progressivement accessibles aux personnes à mobilité réduite et aux utilisateurs de fauteuils roulants.
Au niveau national : la LOM impose déjà un volet cyclable aux plans de mobilité (L. 1214-2-1). Il s’agit de le chiffrer par mandat, de le financer et d’y ajouter un volet accessibilité, dans les programmes de revitalisation des centres-villes.
Des services de proximité.
Sur le terrain : expérimenter la livraison de courses pour les personnes âgées ou qui ont des difficultés à se déplacer, avec des vélos-cargos et la mutualisation de moyens municipaux, dans une logique de proximité, de solidarité et d’optimisation des moyens existants.
Au niveau national : un appel à projets pour financer ces expérimentations, avec évaluation publique, et un cadre de mutualisation entre communes voisines.
Un centre-ville accueillant et sécurisant : les médiateurs de centre-ville.
Sur le terrain : des « grooms » qui aident à porter les achats, à s’orienter et à accéder aux services, participent à l’animation commerciale et à l’information. Ils sont formés aux premiers secours, à la prévention incendie, à la médiation et à la gestion des conflits, avec des procédures claires d’alerte des secours ou de la police municipale. Le dispositif peut être lié à la future délégation de service public des parkings.
Au niveau national : un cadre type (fiche de poste, formation, procédure d’alerte) que les villes volontaires peuvent adopter. Ces agents ne se substituent ni à la police ni aux agents municipaux.
Une chaîne locale de mise à l’abri pour les femmes victimes de violences.
Sur le terrain : des solutions d’hébergement d’urgence pour les femmes et leurs enfants, un accompagnement dans les démarches judiciaires et sociales, une aide au retrait sécurisé des effets personnels, et une coordination entre ville, associations, professionnels de santé, justice et services sociaux. En parallèle, des actions de prévention et de prise en charge des auteurs, notamment sur les addictions.
Au niveau national : faire de cette coordination locale une exigence des contrats de ville, avec un financement dédié.
Une politique de prévention des addictions et des conduites à risque.
Sur le terrain : compléter l’action répressive de l’État par une politique municipale de prévention : accompagnement des personnes concernées, soutien aux associations qui aident à sortir de la dépendance, et usage du sport, de la culture, de l’expression et de la valorisation personnelle comme leviers de reconstruction.
Au niveau national : inscrire la prévention de proximité dans les contrats de ville et financer les associations sur la durée.
La culture et l’éducation artistique comme leviers d’émancipation.
Sur le terrain : défendre l’offre musicale et le statut de conservatoire, préserver les partenariats avec les communes voisines et le dispositif « Orchestre à l’école », rechercher systématiquement les financements de la DRAC, de l’État et des collectivités.
Au niveau national : sécuriser le financement des conservatoires qui rayonnent sur plusieurs communes et généraliser les partenariats entre établissements artistiques et écoles.
Une démocratie locale qui consulte avant d’aménager.
Sur le terrain : soumettre certains grands projets d’aménagement aux habitants par consultation ou référendum local lorsque le cadre juridique le permet, avec des projets assez préparés pour offrir un vrai choix, et associer habitants, associations, commerçants et usagers dès la conception.
Au niveau national : un guide et une aide en ingénierie pour les consultations locales, reliés aux Tables de la jeunesse et aux CESER.
Ce que l’État peut faire pour l’ensemble de la politique de la ville.
Ajouter un volet humain (médiation, services de proximité, engagement) aux programmes de revitalisation des centres-villes et aux contrats de ville.
Offrir un guichet unique de financements (État, Europe, ADEME, CAF, collectivités), pour qu’une commune cherche d’abord les aides avant de renoncer.
Financer l’évaluation de chaque expérimentation et publier les résultats, pour généraliser ce qui fonctionne.