D’un côté on a un problème d’épargne : énormément d’argent est immobilisé par les Français sous la forme d’épargne : 6 400 milliards d’euros. Cet argent est assez difficilement fléchable vers l’économie réelle (beaucoup arrive sur le marché secondaire) et encore moins vers l’économie française.
D’un autre côté on a aujourd’hui un État qui réfléchit à vendre certaines propriétés (participations dans des entreprises mais aussi actifs fonciers ou à valeur culturelle importante) tant pour soulager un peu le fardeau de la dette que pour financer d’autres projets industriels importants (industries de la défense, par exemple), avec les objections afférentes en termes de souveraineté en cas de vente à des étrangers.
Cahier de doléances · Industrie
Problème n° 8573
1 solution proposée
Pourquoi ne pas proposer la création d’un fonds d’investissement exclusif aux Français (puisque l’enjeu, c’est la souveraineté), auquel chaque citoyen pourrait participer ? Un peu sur le modèle d’une assurance-vie, pour une épargne de moyen/long terme, qui serait géré par un service spécialisé de la BPI (ou autre organisme semi-public mis en place pour cette fonction) comme un fonds d’investissement standard, avec une obligation d’une certaine proportion des investissements du fonds qui doivent être faits dans l’économie réelle française. On a déjà un mécanisme un peu dans ce style sous la forme du livret A, mais celui-ci n’a pas pour but de réinvestir dans l’économie française, seulement de financer la construction et l’entretien de logements sociaux, ce qui est à la fois très limité et dénué de perspective de profits, d’où sa très faible rémunération par rapport à d’autres services financiers (sans compter son plafond) : on le remplit par défaut faute d’une meilleure idée de placement, mais sa rémunération ne suit même pas l’inflation. On pourrait à la place imaginer un fonds d’investissement découpé en 5 blocs de fonds bloqués 5 ans (pour une certaine valeur de 5), par exemple, avec l’un d’entre eux renouvelé chaque année, laissant donc d’une part le temps à des investissements de fructifier, et d’autre part cela permet une certaine flexibilité pour les souscripteurs (si quelqu’un répartit sa participation sur les 5 fonds, il peut choisir chaque année de récupérer tout ou partie de 20 % de son investissement).
Par ailleurs, pour éviter que ça ne soit qu’une privatisation déguisée du pays au profit des riches de France (ce qui est déjà moins mal qu’au profit des riches du monde, mais quand même…), on peut imaginer un modèle de rémunération du fonds par paliers : on promet une certaine rémunération jusqu’à une certaine somme, et au-delà cela dépend de la conjoncture économique : ainsi, le fonds récompenserait davantage les modestes participations de tous les Français que l’arrivée massive de capitaux appartenant à de grands financiers.
Enfin, cela permettrait à tout le monde d’accéder à une forme de capitalisation, même à ceux pour qui l’investissement ressemble davantage à d’obscures manœuvres bien éloignées d’eux et réservées à ceux disposant d’importants moyens : ils bénéficieraient là à la fois de l’expertise de professionnels chargés de gérer ce fonds, et du levier financier énorme produit par l’épargne de tous les ménages de France.
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