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Cahier de doléances · Santé

Problème n° 8689

En France, la prévalence des maladies chroniques a fortement progressé au cours des dernières décennies, touchant aujourd’hui environ 25 millions de personnes (soit plus d’un tiers de la population), dont près de 12 millions reconnues en affection longue durée (ALD).
• Hausse globale : la part des patients reconnus en ALD est passée de 14,6 % en 2008 à 17,8 % en 2021, avec une tendance continue à la hausse chaque année.
• Projections futures : selon les projections de l’Assurance maladie, le nombre de personnes atteintes d’une maladie chronique pourrait atteindre 27,7 millions en 2030 et 29,6 millions en 2035 (soit 43 % de la population).
• Pathologies en forte croissance : le diabète, les insuffisances cardiaques, les maladies rénales chroniques, les cancers, les maladies coronariennes, la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) et les troubles de santé mentale augmentent de manière marquée.

Principaux facteurs explicatifs

• Le vieillissement démographique : l’augmentation de l’espérance de vie et le papy-boom font mécaniquement entrer une plus grande part de la population dans les âges à haute prévalence de maladies chroniques. L’effet de l’âge représente à lui seul une hausse majeure des chiffres.
• Les modes de vie et l’alimentation : la sédentarité, le tabagisme, la consommation accrue d’aliments ultra-transformés et les facteurs de risque métaboliques (surpoids, obésité, prédiabète) alimentent la survenue de ces pathologies.
• Les progrès de la médecine et du dépistage : l’amélioration des outils diagnostiques et des traitements permet de transformer de nombreuses maladies aiguës ou mortelles en maladies chroniques compatibles avec une survie prolongée, augmentant ainsi le stock de patients suivis.
• Les facteurs environnementaux : l’exposition chronique aux polluants atmosphériques et aux perturbateurs joue également un rôle aggravant.

Depuis Allier (03) · 30 octobre

1 solution proposée

Solution n° 8690Niveau : État

Les leviers collectifs et politiques publiques au niveau de l’alimentation

Pour que l’alimentation change à grande échelle, des mesures structurelles sont indispensables :
• Accessibilité financière : rendre les aliments sains (bio, locaux, frais) plus abordables que les produits industriels de mauvaise qualité, notamment pour les populations défavorisées, les plus touchées par les maladies chroniques.
• Éducation dès le plus jeune âge : apprendre à bien manger et à cuisiner à l’école pour ancrer de bonnes habitudes durables et des jardins éducatifs dans les écoles (apprendre à faire pousser ce que l’on mange)
• Régulation de l’industrie : renforcer l’utilisation d’outils comme le Nutri-Score, limiter la publicité des produits ultra-transformés au même titre que le tabac et l’alcool, surtaxer les produits trop sucrés pour financer les pathologies telles que le diabète et imposer des reformulations industrielles (moins de sel et de sucre dans les recettes).

Les leviers collectifs pour le dépistage

Le dépistage précoce permet d’agir avant l’apparition des symptômes ou dès les premiers stades de la maladie, ce qui augmente considérablement les chances de guérison ou de contrôle de la pathologie.

Généraliser et systématiser les bilans de santé gratuits à des âges charnières de la vie (par exemple à 25, 45, 60 et 75 ans) pour évaluer les facteurs de risque cardiovasculaires, métaboliques et psychologiques, financés par les complémentaires de santé et les CPAM avec possible récupération de bonus pour les patients acteurs de leur santé

Campagnes de dépistage organisé : renforcer la participation aux dépistages nationaux (cancer du sein, colorectal, col de l’utérus) par des relances automatisées et des campagnes d’information massives. Et mise en place de bonus pour les patients répondant aux campagnes de prévention

Stratégie de « l’aller-vers » : déployer des bus de santé, des structures mobiles et des médiateurs de santé dans les déserts médicaux et les quartiers prioritaires pour dépister le diabète, l’hypertension ou les cancers chez les populations éloignées du système de soin. Travail d’éducation pour les rendre acteurs de leur santé

Rôle accru des professionnels de proximité : pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes… créer des temps dédiés pour faire les bilans de santé gratuits dans des structures d’État, comme des centres de prévention (fixes et mobiles). Les libéraux pourraient intervenir sur des forfaits matinée ou après-midi ou journée en s’inscrivant sur une plateforme dédiée. Ce qui permettrait aux professionnels remplaçants de toutes ces professions d’intervenir sur le territoire sans être bloqués par un zonage qui bloque l’accès au soin et à la prévention.

Médecine scolaire et prévention scolaire : redonner des moyens à ces services pour repérer précocement le surpoids, les troubles mentaux (burnout, dépression) ou les addictions chez les jeunes et les actifs, les scolioses et pathos ostéoarticulaires… Idem infirmières, kinésithérapeutes pourraient intervenir dans les établissements scolaires pour le repérage. Intégrer des sexologues dans les lycées sur des temps individuels dédiés.

L’agriculture peut devenir un levier majeur de santé publique à travers quatre axes principaux :
- Pour lutter contre les maladies chroniques, l’agriculture doit passer d’une logique de volume à une logique de qualité nutritionnelle : diversification des cultures, amélioration de la qualité des sols, filières animales de qualité
- L’exposition aux polluants agricoles est un facteur de risque majeur pour le développement de maladies chroniques (cancers, troubles neurodégénératifs, perturbations endocriniennes, maladies métaboliques) : développer l’agroécologie et le bio, créer des cultures syntropiques, lutter contre l’antibiorésistance
- Favoriser la relocalisation et les circuits courts ainsi que la consommation des produits de saison. Supprimer les intermédiaires industriels permet de mieux rémunérer les producteurs tout en proposant des produits frais à des prix plus compétitifs pour les consommateurs avec une baisse de la TVA sur les produits bruts non transformés vendus en circuit court et des bonus pour les agriculteurs bio.
- Structurer l’action publique en aidant financièrement ou sous forme de bonus les communes qui planifient la production agricole locale pour approvisionner directement les cantines scolaires, les hôpitaux et les EHPAD en produits frais, locaux et de qualité, faisant ainsi de la restauration collective un outil de prévention médicale de masse.

Engager la jeunesse dans des services civiques auprès de nos agriculteurs engagés, promouvoir ces services civiques aux jeunes des milieux défavorisés pour les sortir de leur quartier et leur faire découvrir notre territoire. Promouvoir, encourager et encadrer le woofing (ou WWOOFing) entre les agriculteurs et les jeunes. Cet échange bénévole où une personne aide dans une ferme biologique en échange du gîte et du couvert.

Depuis Allier (03) · 30 octobre

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