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Cahier de doléances · Éducation

Problème n° 8777

Dans les écoles privées, personne ne vérifie que les règlements respectent la loi.

L’affaire de Bétharram a montré ce qui peut se passer derrière les murs d’un établissement lorsque personne ne regarde. Elle a révélé les limites du contrôle de l’État sur l’enseignement privé, sous contrat comme hors contrat.

Ce défaut de contrôle commence par les textes. Dans le public, un règlement intérieur contraire à la loi peut être annulé. Dans le privé, il est traité comme un simple contrat commercial : il s’impose à l’élève dès l’inscription, et seule une famille qui oserait aller en justice pourrait le contester.

Or ces règlements contiennent parfois des clauses contraires à la loi : élèves majeurs traités comme des mineurs, contrairement au Code civil ; participation à des activités religieuses présentée comme obligatoire dans des établissements financés par l’État ; données de santé collectées sans confidentialité ; sanctions sans rapport avec la faute.

Les premiers concernés, les élèves, n’ont souvent rien demandé : ce sont leurs parents qui ont signé. Ils subissent ces règles chaque jour, sans pouvoir les discuter et sans autorité vers qui se tourner.

Depuis Haute-Garonne (31) · 30 octobre

1 solution proposée

Solution n° 8778Niveau : État

Donner à l’État un droit de contrôle sur la légalité des règlements des écoles privées.

Une école privée peut imposer un uniforme, affirmer son identité, défendre son projet éducatif : c’est sa liberté, et elle est légitime. Mais elle ne peut pas s’affranchir de la loi. La vie quotidienne d’élèves qui, souvent, n’ont rien choisi ne doit pas être régie par le seul droit des contrats privés, comme un abonnement ou un achat.

C’est particulièrement vrai pour les établissements sous contrat à caractère religieux. La loi est claire : ils conservent leur caractère propre, mais doivent enseigner « dans le respect total de la liberté de conscience », et « tous les enfants sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances y ont accès » (code de l’éducation, article L. 442-1). Ils peuvent donc affirmer leur identité religieuse, proposer la catéchèse ou la messe. Ils ne peuvent ni réserver leurs places aux familles croyantes ou pratiquantes, ni imposer la pratique religieuse. C’est la contrepartie du financement public. Les familles qui souhaitent une école réservée aux croyants, où la pratique est obligatoire, ont le choix : c’est la raison d’être des écoles hors contrat.

Je propose :

1. Que tout règlement intérieur d’établissement privé, sous contrat ou hors contrat, soit transmis chaque année au rectorat et rendu public.

2. Que le rectorat puisse en contrôler la légalité, après coup et sans autorisation préalable : respect du code civil, notamment des droits des élèves majeurs ; protection des données personnelles ; proportionnalité des sanctions ; droits de la défense en matière disciplinaire.

3. Que, pour les établissements sous contrat, ce contrôle porte aussi sur le respect de la liberté de conscience : caractère facultatif des activités religieuses, et absence de sélection des élèves selon les convictions de leur famille.

4. Qu’une famille ou un élève puisse signaler une clause contraire à la loi, et que l’établissement soit alors tenu de la corriger dans un délai fixé.

Depuis Haute-Garonne (31) · 30 octobre

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