Comment garantir une compétition présidentielle réellement ouverte, dans laquelle chaque candidat dispose d’une possibilité effective de faire connaître son projet et où chaque citoyen peut exprimer sa préférence politique sans être contraint par les effets de notoriété, les hiérarchies médiatiques et la crainte du vote inutile ?
Le mode de scrutin présidentiel actuel à deux tours, combiné aux mécanismes de visibilité médiatique et à l’influence des sondages, peut conduire les électeurs à privilégier un candidat jugé susceptible de se qualifier plutôt que celui dont le projet correspond le mieux à leurs convictions. Ce phénomène contribue à enfermer les candidatures peu ou moins connues dans un cercle vicieux : leur faible visibilité limite leur crédibilité apparente, tandis que cette crédibilité limitée restreint leur accès à la visibilité.
Il convient dès lors d’examiner les moyens de dépasser ces mécanismes en renforçant la transparence et le pluralisme de l’information électorale, en développant des dispositifs indépendants de présentation et de confrontation des programmes, et en étudiant des modes de scrutin permettant aux citoyens d’exprimer plus fidèlement leurs préférences.
L’objectif est de faire évoluer les conditions de la compétition présidentielle afin que la notoriété préalable ne constitue pas un avantage déterminant et que chaque candidature puisse être évaluée sur la base de son projet, de sa cohérence et du soutien qu’elle suscite réellement auprès des citoyens.