Faire de l’accès à l’eau une priorité nationale
Je n’avais jamais imaginé que nous pourrions manquer d’eau. Encore moins en Bretagne, ce pays de la pluie.
Cet été, j’ai traversé la France en deux jours, de Toulon à Saint-Brieuc, par les routes départementales. Ce que j’ai vu m’a profondément marquée : des paysages parfois ravagés par les incendies, des sols grillés, une végétation desséchée. Les lits des rivières que je croisais étaient à sec et la Loire elle-même m’a paru extrêmement basse. Ces signes de sécheresse m’ont accompagnée jusque dans les Côtes-d’Armor. J’ai eu le sentiment de traverser un pays qui avait soif.
Aujourd’hui, le manque de pluie et l’état de nos réserves d’eau m’inquiètent. On appelle chacun à réduire sa consommation, mais j’ai le sentiment que nous continuons collectivement comme si cette ressource était inépuisable.
Je suis très inquiète pour l’été prochain et pour les années à venir. Si les pluies ne reconstituent pas suffisamment nos réserves, comment traverserons-nous de nouvelles sécheresses ? Pourrons-nous toujours compter sur de l’eau potable au robinet ?
L’accès à l’eau conditionne notre santé, notre alimentation et notre capacité à vivre sur un territoire. Pourtant, j’ai le sentiment que cet enjeu vital passe après tant d’autres préoccupations.
Je demande que sa préservation devienne une priorité nationale, avec des moyens concrets pour protéger les ressources, réparer les fuites, réduire les gaspillages et organiser un partage équitable entre les usages. Nous avons besoin d’anticipation et de décisions durables, au-delà des appels à la vigilance lorsque la crise est déjà là.
Sans eau, rien n’est possible. Ni en Bretagne, ni ailleurs.