Inégalités d’accès aux soins
Bonjour à tous,
Je suis pharmacien d’officine en zone rurale. E. Leclerc fait une campagne sur les difficultés d’achat de médicaments sans ordonnance, en avançant qu’il serait moins cher et donc permettrait un accès plus facile à ceux-ci. Outre le fait que, quand vous avez la diarrhée, vous n’allez pas courir chez Leclerc, peut-être à 15 km de chez vous, et qu’il aura fait mourir les petites officines qui avaient une véritable vocation de service public de santé entre-temps, je ferme la parenthèse, car il a fait de même avec les agences de voyage, les bijouteries, les garages, etc.
Mais cette campagne met en évidence deux problèmes contradictoires :
1. Bien évidemment, comme avec TotalEnergies et les carburants, il ne gagnera pas son bras de fer tarifaire avec les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux, donc il n’est pas du tout certain qu’il arrive à obtenir des prix plus compétitifs. De plus, il n’aura pas le droit de faire marcher son programme de fidélité, car comme son nom l’indique, ce sont des médicaments à TVA réduite, donc c’est interdit, sauf à vendre des dispositifs médicaux ou des compléments alimentaires, qui ne sont certainement pas gage d’un gain pour la santé publique.
2. Mais cela met en avant un problème tout à fait véridique : la disparité tarifaire entre les pharmacies, selon qu’elles sont petites ou grosses. Comme dans toute profession, certaines pharmacies exagèrent, mais la très grande majorité applique des tarifs en fonction de leur prix d’achat pour dégager une marge suffisante et faire fonctionner leur structure, tout en payant leurs salariés. Cette disparité tarifaire entre les pharmacies crée une véritable inégalité entre les Français, certains pouvant avoir accès à de grandes pharmacies et d’autres, surtout en milieu rural, ne pouvant pas.
Le médicament n’est pas un bien de consommation comme les autres.
Cahier de doléances · Santé
Problème n° 9208
1 solution proposée
1. Pour les médicaments dits sensibles sans ordonnance, il faut un prix d’achat fixe pour l’ensemble des pharmacies et un prix de vente imposé pour l’ensemble des pharmacies, générant une marge en corrélation avec le service rendu par le pharmacien, suffisante pour faire vivre la pharmacie, tout en respectant le pouvoir d’achat des Français.
2. Obliger toutes les mutuelles qui dégagent des millions d’euros de bénéfices à rembourser une somme annualisée de ces médicaments OTC encadrés. En effet, si un patient se soigne par des médicaments sans ordonnance sur les conseils du pharmacien, c’est une économie de consultation médicale et les salles d’attente sont moins bondées.
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