L’UE est devenue pour la France, particulièrement depuis le traité de Maastricht, une machine à défaire la souveraineté française, avec la complicité très proactive de nos dirigeants. Nous avons perdu nombre, voire la quasi-totalité, de nos instruments de souveraineté, à commencer par la monnaie. J’ai lu ici que l’euro avait été une incitation à dépenser toujours plus. Je crois au contraire que cela a été l’instrument ultime pour nous empêcher de dépenser de façon utile, tout en fragilisant mortellement notre tissu industriel, qui n’était pas formaté pour supporter une monnaie forte calquée sur le mark allemand.
Je ne vois pas aujourd’hui comment nous pourrions redresser le pays sans nous affranchir des règles monétaires européennes. Plus généralement, parce que les traités nous assujettissent à une orthodoxie économique toxique pour notre pays et que nous ne pouvons plus protéger nos entreprises, notre agriculture, nos frontières, je pense que toute politique de redressement de la France se verra empêchée par le carcan de la législation de l’UE. Ainsi, si la sortie de l’UE ne peut constituer un objectif en lui-même, parce qu’il ne serait sans doute pas compris aujourd’hui par une majorité de Français, vouloir extraire notre pays de la crise y aboutira certainement. Il paraît nécessaire d’informer les citoyens à ce sujet, en leur montrant comment toute politique qui pourrait améliorer la situation française serait retoquée par la Commission. L’exemple de l’énergie peut être abordé avec clarté : entrave au nucléaire, augmentation artificielle des prix de l’électricité, restriction de la diversité des fournisseurs par un alignement géopolitique rigide sur les positions otaniennes, autant d’éléments qui pèsent sur notre industrie comme sur nos concitoyens.
Voilà pourquoi, à mon sens, l’UE est sans doute le sujet pivot d’une politique de redressement de la France. En faire l’économie serait presque à coup sûr se diriger vers un échec pratique.