Madame Polony,
Si je prends la liberté de vous écrire, c’est que je me retrouve dans plusieurs de vos prises de position et dans votre vision de la société française. Je souhaite vous apporter mon soutien, tout en gardant mon indépendance d’esprit et ma liberté de questionnement.
Je voudrais attirer votre attention sur un sujet trop souvent absent du débat politique : la place des artisans, des commerçants, des TPE et des PME.
Il fut un temps où une campagne nationale proclamait : « L’artisanat, première entreprise de France. » Combien s’en souviennent encore ? Nous semblons avoir oublié ce que cette phrase représente. Ces entreprises sont pourtant le cœur vivant de notre économie et de nos territoires.
L’artisanat ne se limite pas à produire ou à vendre. Il forme et transmet. De l’apprenti au compagnon expérimenté, il transmet des savoir-faire, accompagne des parcours et offre parfois une première chance à ceux qui n’ont ni diplôme prestigieux ni CV étoffé. C’est une véritable école de la vie professionnelle et de l’intégration.
Dans ces petites entreprises, les décisions sont souvent prises par ceux qui connaissent leurs salariés, leur métier et leur territoire, et qui engagent parfois leur propre patrimoine. À l’inverse, certains actionnaires, éloignés du terrain, ne voient parfois l’entreprise qu’à travers la rentabilité et les dividendes. Que reste-t-il alors de sa vocation, de ses salariés et de son ancrage local ?
Derrière ces entreprises, il y a des femmes et des hommes, des emplois, des familles, des risques assumés et souvent toute une vie de travail.
Quel que soit le parti, quelle place accorde-t-on réellement à ceux qui entreprennent à petite échelle, produisent, réparent, construisent et font vivre nos communes ? Peut-on parler d’avenir économique pour la France sans remettre ces entreprises au centre de nos préoccupations ?