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Cahier de doléances · Environnement

Problème n° 9600

J’ai grandi à la campagne. Enfant, je passais mes journées dans les plaines, au bord des rivières. Je pouvais partir des heures entières, parfois même des journées, avec une canne à pêche. Ce furent des moments simples, des moments heureux. Je ne me posais aucune question. La nature était là, généreuse, vivante, presque éternelle.

Mais aujourd’hui, je suis effrayée du constat. Les rivières s’assèchent, les niveaux d’eau baissent, parfois il n’y a presque plus rien. Les arbres souffrent, les paysages changent, et nos agriculteurs, ceux qui nous nourrissent et qui façonnent nos campagnes, sont eux aussi en grande difficulté.

Ce qui me frappe, ce n’est pas seulement le changement climatique dans les chiffres, les rapports ou les graphiques. C’est de voir, de mes propres yeux, que les choses que j’ai connues enfant ne sont plus les mêmes.

Et je pense à mon fils. Je me demande quel monde nous allons lui laisser. Aura-t-il la chance de connaître ces moments de liberté, ces journées au bord de l’eau, cette nature vivante que j’ai eu la chance de connaître ?

Je ne veux pas d’un discours qui se résume à la peur, à la culpabilisation ou aux grandes déclarations. Je veux que nous retrouvions collectivement le goût de protéger ce qui nous entoure.

La transition écologique doit être un projet de société, un projet de transmission, un projet qui redonne du sens à notre avenir.

Parce qu’au fond, il ne s’agit pas simplement de sauver le climat. Il s’agit de préserver un monde dans lequel nos enfants pourront, eux aussi, grandir heureux, les pieds dans l’herbe et les mains dans l’eau.

Depuis Haute-Garonne (31) · 6 novembre

1 solution proposée

Solution n° 9601Niveau : État

Faire de la neutralité carbone un projet économique et industriel pour la France

Je souhaite que la France fasse de la transition climatique une véritable stratégie de développement économique, de souveraineté et de réindustrialisation.

Nous avons trop souvent présenté l’écologie comme une succession de contraintes, de normes et d’interdictions. Je crois au contraire que la décarbonation de notre économie peut être une formidable opportunité pour notre pays, à condition de nous donner les moyens de réussir.

Pour cela, je propose plusieurs orientations :

1. Adopter une véritable stratégie nationale de décarbonation de l’économie

S’appuyer sur les travaux du The Shift Project, notamment son Plan de transformation de l’économie française et son nouveau Plan robuste pour l’économie française, afin de construire une feuille de route cohérente, chiffrée et réaliste, secteur par secteur.

Cette stratégie doit être pilotée sur le long terme, au-delà des échéances électorales, avec des objectifs mesurables et des moyens financiers à la hauteur des ambitions.

2. Faire de la décarbonation un moteur de réindustrialisation

Développer sur notre territoire les industries et les savoir-faire indispensables à la transition : batteries, équipements électriques, pompes à chaleur, énergies décarbonées, matériaux bas carbone, recyclage, rénovation énergétique et mobilités propres.

Plutôt que d’importer les technologies de la transition, faisons le choix de les concevoir et de les produire en France et en Europe. Il est incohérent de prétendre défendre le climat tout en délocalisant nos émissions et nos emplois à l’autre bout du monde.

3. Reconstruire notre souveraineté énergétique

Réduire drastiquement notre dépendance au pétrole et au gaz importés en développant une énergie abondante, compétitive et décarbonée.

Cela suppose de s’appuyer sur notre parc nucléaire, de développer les énergies renouvelables de manière cohérente avec les capacités de nos réseaux et de notre industrie, et d’accélérer l’électrification des transports, des bâtiments et des procédés industriels.

4. Accompagner la transformation de notre agriculture

Donner à nos agriculteurs les moyens de s’adapter au changement climatique, de préserver les ressources en eau, de restaurer les sols et de développer des pratiques moins dépendantes des engrais et des énergies fossiles.

Soutenir les filières agricoles locales, les légumineuses, l’agroécologie et la préservation des forêts. Notre agriculture doit rester une richesse économique, alimentaire et territoriale.

5. Investir massivement dans les compétences et les emplois de demain

Anticiper les besoins en main-d’œuvre et former dès aujourd’hui les professionnels qui construiront cette économie décarbonée.

La transition doit être une opportunité de création d’emplois qualifiés, de reconversions professionnelles et de développement de nouvelles filières industrielles sur l’ensemble du territoire.

6. Faire de l’État et des territoires des acteurs exemplaires

Orienter les investissements publics et la commande publique vers les productions durables, locales et bas carbone. Donner aux collectivités et aux entreprises une visibilité suffisante pour investir et transformer leurs activités.

La France doit également intégrer systématiquement le coût carbone et la dépendance énergétique dans ses décisions économiques et ses choix d’investissement.

Ma conviction : nous devons sortir de l’opposition artificielle entre écologie et économie. La véritable menace pour notre économie serait de rester dépendants des énergies fossiles, des importations et des ressources dont nous ne maîtrisons ni les prix ni les approvisionnements.

La neutralité carbone ne doit pas être uniquement un objectif environnemental. Elle doit devenir un projet industriel, économique et social pour la France.

Construisons une économie qui crée de la richesse, des emplois et de la valeur sur notre territoire, tout en préservant les conditions de vie des générations futures.

Depuis Haute-Garonne (31) · 6 novembre

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