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Cahier de doléances · Économie

Problème n° 34

La France dispose d’une épargne abondante, de grandes banques, d’assureurs puissants et d’une banque publique d’investissement. Pourtant, une part insuffisante de cette puissance financière est orientée vers la création d’usines, l’innovation industrielle, la modernisation des équipements et la maîtrise des technologies stratégiques. En 2025, les banques détenaient environ 1 408 milliards d’euros de crédits aux entreprises françaises, dont plus de 1 000 milliards de crédits d’investissement. Mais ce financement ne provoque pas encore le sursaut industriel attendu.
Les banques commerciales sont essentiellement dirigées par une logique de rentabilité et de maîtrise des risques. Les banques flèchent leur investissement et leur prêt vers des projets rentables quelle peuvent récupérer en cas de problème (immobiliers ...) et moins vers les investissements des TPE ou PME. D'où la question : Vers quelles activités la capacité de création de crédit et l’épargne nationale doivent-elles être dirigées ?
Moins l’industrie est financée, moins elle investit. Moins elle investit, moins elle devient productive et rentable. Les banques jugent alors son financement encore plus risqué.
Lorsqu’une innovation française ne trouve pas suffisamment de financement, elle peut :
- renoncer à construire son usine ;
- vendre ses brevets ;
- être rachetée par un groupe étranger ;
- transférer son siège ou sa production ;
- dépendre de fournisseurs américains ou asiatiques.
Sans capacités industrielles, la France dépend de l’étranger pour ses médicaments, ses composants électroniques, son matériel militaire, ses infrastructures numériques et une partie de son énergie. Enfin, les Français épargnent beaucoup, mais ils ne disposent pas toujours d’une visibilité suffisante sur la destination de leur argent. L’épargne peut financer des actifs déjà existants plutôt que de nouvelles capacités productives.

Depuis Var (83) · 1 octobre

5 solutions proposées

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Solution n° 182Préférée des inscritsNiveau : État

Le constat est lucide, mais il convient de préciser la réalité des circuits : l’épargne des Français ne dort pas, elle finance déjà massivement le logement social (Livret A) et la dette publique (fonds en euros). Si une partie s’évapore vers les marchés étrangers, notamment américains, c’est par simple logique économique : le capital va là où le rendement compense le risque.

On ne forcera pas les banques à prêter à perte face aux ratios réglementaires. Pour ancrer l’épargne dans nos usines, c’est l’attractivité du capital productif qu’il faut refonder :

- La stabilité fiscale sacralisée : mettre fin aux revirements permanents des lois de finances. Un investissement industriel s’amortit sur dix ans ; les règles fiscales doivent être garanties sur cette même durée.

- Le levier successoral : accorder des allègements de droits de succession conditionnés à l’investissement à long terme dans les PME/ETI industrielles françaises.

- L’assurance-vie au service de la production : créer un statut fiscal préférentiel pour les contrats fléchant 10 à 15 % vers le non-coté industriel et les technologies stratégiques, avec une garantie de première perte de l’État via Bpifrance.

- Le carnet de commandes via la commande publique : les banques prêtent quand les clients sont au rendez-vous. Utilisons les achats de l’État, des hôpitaux et des collectivités comme levier premier de réindustrialisation en favorisant l’approvisionnement souverain.

Depuis 974 · 4 octobre
Solution n° 1176Niveau : État

Quand la banque aborde les placements financiers avec ses clients, son obligation de conseil nécessite qu'elle vérifie la connaissance du client, son acceptation du risque, quelques aspects verts et de gouvernance d'entreprise. Jamais on n'aborde la souveraineté industrielle de la France à travers ses brevets, sa recherche, ses productions stratégiques (Alsthom aux USA, sidérurgie à Mittal, chimie de Grenoble aux Chinois…). Et demain, Mistral ? Notre nucléaire ?…

Bref, notre épargne doit être fléchée vers nos outils de production.
La Norvège construit un fonds souverain grâce aux rentes du pétrole.
Nous avons un stock d'épargne de 6 000 milliards d'euros. Nous pouvons encourager la construction d'une épargne investie sur nos industries, notre recherche, nos activités stratégiques.

Je suis d'accord, l'avantage fiscal de l'épargne doit plus prendre en compte la construction de notre avenir industriel.

Depuis Hérault (34) · 5 octobre
Solution n° 35Niveau : État

Créer un pacte bancaire de souveraineté productive. Bpifrance sera renforcée afin de garantir et de cofinancer les investissements industriels stratégiques. Une plateforme française de titrisation transformera les prêts industriels en placements transparents accessibles aux investisseurs de long terme, permettant aux banques de financer de nouveaux projets. Une épargne de souveraineté orientera volontairement l’argent des Français vers les PME, les ETI, l’énergie, la santé, la défense et les technologies d’avenir. Toute garantie publique sera conditionnée à des investissements, des emplois et des capacités de production effectivement maintenus en France.
Les banques financent l’économie, mais l’intérêt privé et les règles actuelles n’orientent pas spontanément suffisamment le crédit vers les investissements industriels risqués et stratégiques. La puissance publique doit partager le risque, mobiliser l’épargne et imposer des contreparties afin que la finance redevienne un instrument de souveraineté productive.

Depuis Var (83) · 1 octobre
Solution n° 1000Niveau : État

Il serait possible de créer un fonds souverain afin de permettre aux Français de financer les industries indispensables à notre souveraineté et de faire prévaloir leur production dans les marchés publics.

Depuis Nord (59) · 5 octobre
Solution n° 1687Niveau : État

Votre intervention soulève plusieurs points importants :

Quelles sont les marges de manœuvre des institutions financières ? Souhaite-t-on les modifier ?
Pourquoi, malgré des capacités financières, les entreprises nationales n’investissent-elles pas en France, voire préfèrent-elles même délocaliser ?
Financer des actifs existants, c’est permettre à ceux qui ont permis leur création de pouvoir sortir de leur investissement (le rendre liquide).

Sur ce dernier point, c’est une condition absolue à tout investissement. Si je ne peux réaliser mon investissement (vendre pour récupérer mes billes), si je dois rester ad vitam dedans, ce n’est plus un investissement, mais un don caritatif.
Il faut donc qu’il y ait des acheteurs. D’ailleurs, on note que, dans la vie d’un projet, ce ne sont pas les mêmes investisseurs. Les premiers prennent le maximum de risques quand les derniers veulent un placement moins risqué.

Sur le premier point, il est important de rappeler que notre industrie financière est la plus contrainte au monde, et même davantage que la plupart des industries. Les règles Bâle 3 et Solvency 2 imposent des règles très strictes (et de plus en plus strictes dans le temps) aux banques et assureurs. Ces règles ont été voulues et imposées par nos politiques (et énarques de Bercy et autres nations).
On ne peut exiger, de par ces règles, que les placements soient diversifiés géographiquement, notamment sur les risques EUR/USD/JPY, et ensuite reprocher aux institutions françaises d’investir en USD et JPY !!!
Ces règles sont utiles, car elles protègent l’épargne des Français (rien n’étant absolu, évidemment).
La problématique a été lors de leur mise en place. Au lendemain de la crise des subprimes, les Anglo-Saxons ont annoncé qu’ils repoussaient la mise en place de ces règles pour ne pas risquer d’affaiblir leurs économies. Nos politiques, toujours prêts à des positions dogmatiques/de donneurs de leçons, ont annoncé que nous étions plus forts que les autres et qu’on ne repousserait pas la mise en place de ces normes.
Résultat : au titre de la diversification des risques, nous avons dû envoyer des fonds aux US, alors qu’eux ne le faisaient pas en sens inverse.
Au titre du doublement de FP nécessaire pour couvrir un prêt, les banques européennes, qui étaient bien pourvues en capitaux, se sont retrouvées du jour au lendemain avec un risque de pénurie. D’où un assèchement des prêts au niveau européen.
Les hommes politiques, pourtant entièrement responsables de cette situation (puisqu’il suffisait de faire comme les Anglo-Saxons et de repousser la mise en place), ont eu beau jeu d’accuser les banques de ne plus vouloir prêter.
Nous n’avons jamais pu rattraper le décrochage économique consécutif…

Pour le 2nd point, la réponse est qu’il est aujourd’hui plus rentable d’investir aux US qu’en France. Pour s’en convaincre, il suffit de compter, sur le long terme, les fiascos des start-up françaises (quasiment aucune vraie réussite), comparés aux énormes succès US. Et bien sûr, pas mal de pertes, mais globalement, ça reste très positif. Pour changer cela, il faut proposer une vraie solution économique globale et pas du bricolage de quelques subventions par-ci par-là… cf. une proposition faite sur le site.

Depuis Seine-Maritime (76) · 6 octobre

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