Petit investissement immobilier : arrêter de confondre patrimoine et richesse disponible
Je ne suis pas une grande propriétaire vivant de ses rentes.
Je me suis endettée pour acheter ces biens.
Mes appartements s’autofinancent tout juste. Les loyers servent essentiellement à rembourser les crédits et à payer les charges.
Il faut ajouter les charges de copropriété, les assurances, l’entretien, les réparations, la taxe foncière, parfois la taxe d’habitation, la CFE, la fiscalité sur les revenus et, selon les situations, des prélèvements sociaux.
Encore une fois, un loyer encaissé n’est pas un revenu disponible.
Pendant ce temps, ces logements existent, sont entretenus et proposés à la location. Ils font travailler des artisants,des assureurs, des professionnels et des entreprises locales. Que ce soit de la location meublé ou pas d'ailleurs.
À mon niveau, je participe au tissu économique de mon territoire. Même avec deux petits studios dans les Hautes-Alpes Alpes dont un en station !
Et surtout, je rembourse pendant des années un patrimoine que j’espère pouvoir un jour transmettre à mon enfant.
Protéger la possibilité de transmettre pour les classes moyennes
Je suis également préoccupée par les discours appelant à taxer davantage les successions sans toujours distinguer les patrimoines considérables des petits patrimoines constitués progressivement par le travail et l’endettement.
Je peux comprendre qu’une société s’interroge sur la transmission de fortunes extrêmement importantes.
Mais la situation d’une personne qui rembourse pendant vingt ou vingt-cinq ans un ou deux petits logements est différente.
Pendant toutes ces années, elle aura travaillé, payé ses crédits, ses intérêts, ses taxes, ses impôts, ses assurances et entretenu ses biens.
Pourquoi la volonté de laisser ensuite quelque chose à son enfant devrait-elle être considérée avec suspicion ?
La transmission ne doit pas devenir un privilège réservé aux très riches.