Réformer les critères du CEPS : la schizophrénie de la politique du médicament
L'État déplore les pénuries répétées d'antibiotiques, de corticoïdes ou de paracétamol, mais son propre bras armé tarifaire — le Comité économique des produits de santé (CEPS) — les organise indirectement. En fixant le prix des génériques au centime d'euro près selon la logique du « moins-disant », le régulateur pénalise les sites industriels français et européens qui respectent les normes sociales, environnementales et de rejets d'effluents. À l'inverse, il subventionne de fait des usines chinoises et indiennes fonctionnant au charbon et sans traitement rigoureux des déchets chimiques.
Payer 1,20 € une boîte de générique vital fabriqué en Asie est une illusion d'économie : le coût indirect (hospitalisations évitables, désindustrialisation, transports aériens d'urgence, blocages chirurgicaux) est colossal.